28/09/2014




Petits cadeaux pour Gauthier (3 ans et demi)
qui est partit samedi matin vivre aux États-Unis.


Y.O.U.N.E.S


Vendredi c'était la première sieste de Younes (19 mois). Il hurlait et se débattait quand je suis arrivée. Je l'ai prit sur moi, envelopper dans mes bras sans rien dire, là les mots ne servaient plus. Juste le contenir de tout mon être et être sincèrement là, présente à lui, le soutenant dans mes bras et dans mon souffle. Il s'est calmé, j'ai chantonné une mélodie, il s'est endormi.
Au bout d'une heure j'ai tenté une glissade pour m'allonger en prenant garde de ne pas le réveiller.
Je pouvais moi aussi fermer les yeux.
J'avais l'agréable sensation d'avoir mon tout petit sur moi, faire la sieste ensemble l'un contre l'autre que ça doit être bon.
Au bout d'un moment il s'est tourné et je l'ai laissé glisser sur son petit matelas, il a poursuivit sa sieste paisiblement.
C'était un beau et bon moment qui m'a touché.

Par ailleurs je peux être d'une irritabilité irréversible.
J'essaie de me préserver pour ne pas en arriver là.
Je peux passer un moment très agréable en individuel avec un enfant et être tellement agacée par le groupe. J'en suis à me demander ce que je fous là au milieu de tous ceux-là. Ceux qui pleurent, qui couinent, qui crient, qui appellent « maman »
« Maman viendra plus tard, elle viendra te chercher ce soir… »
Il est temps que je sois moins rapide et efficace.
Que je sois plus dans la lenteur, la lenteur des enfants.
Prendre le temps tout simplement.




15/09/2014

Le ciel coule


 Je passe d'un état à un autre depuis une semaine. Au boulot nous étions d'accord mes collègues et moi pour vanter la nouvelle recrue d'enfants "impressionnante". Aujourd'hui nous sommes d'accord pour dire que c'est difficile. La situation a changée, la fatigue de la rentrée et des adaptations se font sentir aussi bien pour les enfants que pour nous. Maintenant ils pleurent a l'unisson. Moi aussi j'ai eu des journées où j'avais envie de pleurer, pour si peu, je me sentais mal, vulnérable, je n'y arrivais pas. Il y a quelques temps je me sentais de plus en plus passionnée par mon métier, aujourd'hui j'oscille entre l'envie de faire une pause... puis je rebondis (toujours) et j'ai envie de trouver des solutions pour aider cette petite fille qui pleure toute la journée. Je danse sur un pied puis l'autre, je cherche mes appuis.




07/09/2014

Ciel




27 août.
 C’est le 3ème jour de rentrée. J’oublie à quel point selon les années le démarrage est difficile. Ça discute autour de l’aménagement de l’espace, du choix du matériel, ça s’arrange mais avec des compromis. Soit. Ma (nouvelle) collègue ne lâche pas et moi non plus. Le pire c’est que depuis hier j’ai l’impression qu’elle dit non à mes propositions pour le plaisir de me dire non. Elle a de la résistance pour ce que je propose et c’est très fatigant. Elle s’accroche atrocement à ce qu’elles avaient mis en place l’année dernière, surement que ça la rassure.
Marion me manque.

04 septembre. 
Je suis impressionnée. Je le dis depuis hier et pour rire j'ajoute « c'est un groupe de surdoués. » Les nouveaux enfants qui ont entre 18 mois et 2 ans et demi sont dans l’ensemble plutôt à l'aise, débrouillards et drôles. Anna (2 ans) me dit : « Justine tu chantes une tite chanson ? », Liu (2 ans et 4 mois) se lance à chanter Fais dodo en solo même pas peur, même pas impressionnée. Elle me dit au revoir et agite le bras de son doudou, il me dit au revoir aussi. Flora (2 ans) arrive avec un immense sourire, elle vient vers moi pour me dire un bonjour en forme de petit câlin. Elle distribue les gants de toilette aux enfants à la fin du repas alors que je ne lui ai pas encore demandé, comme-ci elle avait déjà passé une journée au Jardin d'Enfants. Yanaël (20 mois) comprend tout et a déjà des gestes d'autonomie, elle questionne du bout de son petit index le monde. Alba (même pas 18 mois) prend ma fourchette pour piquer son poisson et le porte à la bouche. Spontanément elle essuie le yaourt sur la table avec son gant. Véronika (22 mois) qui a du mal à sortir de son chagrin de la séparation se révèle être une sacrée grimpeuse dans le jardin et porte la trottinette à bout de bras...
Oui cette année il y a une majorité de filles (10 filles et 7 garçons).
Marion me manque toujours.