24/08/2018

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Je crois qu'il est trop tôt pour écrire sur notre séparation, je commence seulement à réaliser et d'un coup j'ai peur de l’automne, de l'hiver, du froid, de la grisaille Parisienne, de la routine d'accompagner les enfants au square tous les jours, de la routine tout court.
Métro, boulot, ma Blanche et dodo.
Aujourd'hui est le dernier jour de nous toutes les deux.





14/08/2018

C - P A R E R




Bientôt je retrouverai le chemin de la vie professionnelle. Je retrouverai des horaires, les trajets quotidiens en métro, la foule du matin. Je retrouverai ce lieu à la fois connu et nouveau. J'y rencontrerai de nouvelles personnes, une nouvelle façon de travailler... Et toujours des enfants mais un peu plus âgés. Je laisserai ma Blanche tôt le matin. Nous ne passerons plus nos journées ensemble. Depuis sa naissance il n'y aura jamais eu de séparation de plus de 2 heures.
Je trouve ça fou.
Mon bébé, ma siamoise.

Nous nous retrouverons le soir après nos journées passées avec des enfants.
Et aussi et surtout à chaque vacances scolaires. Et ça, ça n'a pas de prix.










05/06/2018

vis à vis de PACS




Paris 14eme



Le 19 mai c'était le premier anniversaire de notre Pacte Civil de Solidarité.
Nous avions pactisé en 10 minutes lui, moi et mon gros ventre.
Photo selfie/souvenir devant la porte du tribunal avec nos petits papiers. Nous n'avions pas osé demander à un passant de faire une photo officielle.
Main dans la main, trois rues plus loin nous avions déjeuner dans un charmant petit restaurant.
J’eus le droit de boire un peu de champagne et pris un dessert aux fraises.

Cette année il y a une petite bichette curieuse sur notre photo.
C'était à la maison.
Une compote maison et une purée ce sont glissées sur la table des festivités.


13/02/2018

Maître d'Amour






Maître d'Amour


L'enfant est extrêmement sensible à ce qu'il perçoit de l'adulte et souhaite ardemment lui obéir; nous n'avons pas idée à quel point il est prêt à nous obéir jusque dans les cellules de son corps, parfaitement, toujours ; c'est même là ce qui le caractérise [...]
  L'enfant est d'une sensibilité extrême et à tel point impressionnable, que l'adulte devrait surveiller ses mots et gestes car ils restent gravés dans la mémoire du petit. Il n'est qu'obéissance, car pour lui l'obéissance c'est la vie.
  L'adulte est un être vénérable, aimé; de sa bouche surgit la sagesse qui le guide. L'enfant en est frappé, comme d'un projectile spirituel pénétrant dans son cœur.
Par conséquent, face à un caprice, sachant que l'enfant est toujours prêt à nous aimer et à nous obéir, nous devons nous dire qu'il doit s'agir d'un acte vital et d'une défense qui lui est indispensable.
L'enfant aime l'adulte : ayons cela bien présent à l'esprit. Nous disons : « Que l'adulte aime l'enfant ! Que la mère aime l'enfant ! » De l'institutrice aussi, nous disons : « Qu'est-ce qu'elle aime les enfants ! »
On dit qu'il faut apprendre aux enfants à aimer leur mère, leur père et leur institutrice; il faut leur apprendre à aimer tout et tout le monde. Mais qui est donc ce maître d'amour qui prétend leur apprendre l'amour ? Est-ce celui-là même qui voit des caprices dans chacune de leurs manifestations et ne pense qu'à se défendre d'eux ? L'adulte ne peut devenir maître d'amour sans s'y préparer tout spécialement et sans ouvrir les yeux de sa conscience pour découvrir un monde plus vaste.

   L'enfant aime énormément l'adulte. A son coucher, il veut toujours quelqu’un qu'il aime auprès de lui. Et l'être aimé réplique : « Ne cédons pas à ce caprice : l’enfant ne doit pas prendre de mauvaise habitude de ne savoir s'endormir sans quelqu’un à ses côtés. »
  Ou bien : « L'enfant veut s'assoir à table avec nous et pleure si on l'en empêche, comme s'il prétendait que nous ne mangions pas ! » Voilà la voix d'un adulte sans amour pour les enfants. 
  L'enfant souhaite être présent quand les personnes qui lui sont chères s'attablent. Lui ne mange pas : c'est un petit dans sa première année de vie, il ne boit que du lait. Pourtant, il pleure quand nous mangeons et ne pleurerait pas s'il pouvait rester auprès de nous. Ou bien il pleurniche quand celui qui mange l'oublie : il demande à être regardé et pris en considération dans la conversation.
  Qui pleurera demain à cause du simple et immense désir de nous voir, même en jeûnant, pendant que nous mangeons ? Que nous serons tristes un jour de nous dire : « Personne ne pleure pour que je sois à côté de lui quand il se couche. Chacun pense pour soi et s'endort la tête pleine des pensées de la journée, personne ne se souvient de moi ! »
  Seul, l'enfant se souvient, et dit chaque soir : « Ne me quitte pas, reste avec moi !» Et l'adulte : « Je ne peux pas, j'ai plein de chose à faire. Mais enfin ! Qu'est-ce que ce caprice ? » Et l'on songe à le reprendre, de crainte qu'il ne rende tout le monde esclave de son amour !
  Parfois en se levant le matin, l'enfant réveille le père et la mère qui voudraient continuer à dormir : en règle générale, il s'agit là d'un caprice dont tout le monde se plaint. L'enfant qui quitte son lit est un être pur qui fait ce que nous devrions tous faire; tout le monde devrait se lever, quand le soleil se lève. Les parents dorment encore et ce petit être les rejoint comme pour leur dire : « Apprenez à vivre avec sainteté, le matin, il faut se lever ! » Mais l'enfant n'est pas un maître, il les rejoint seulement parce qu'il les aime; dès son réveil, son désir le conduit auprès des personnes aimées, quitte à traverser des pièces encore sombres aux volets fermés qui empêchent la lumière du jour d'y pénétrer avant l'heure. L'enfant avance, trébuche, ne craint pas le noir ni les portes fermées, rejoint son père et sa mère, les effleure tout doucement. Combien de fois disons-nous : « Enfant, ne me réveille pas le matin ! » Et l'enfant répond : « Je ne t'ai pas réveillé, je n'ai fait que t'embrasser ! » Et les parents songent à comment le reprendre. Quand cela nous arrivera-t-il à nouveau dans la vie que quelqu'un, dès son réveil, coure vers nous surmontant toutes sortes d’obstacles, sans vouloir nous réveiller, seulement pour nous voir et nous embrasser ? Qui jamais fera cela pour nous ?
  Nous disons qu'il nous faut reprendre l'enfant de ces caprices; pourtant nous ne sommes pas insensibles à ces gestes d'amour.
  L’enfant aimant réveille – non seulement le matin – les parents qui dorment trop longtemps et s'endorment souvent dans leur vie ! Nous avons tous tendance à nous endormir sur les choses, et il nous faut un être nouveau qui nous réveille et nous garde éveillés avec des attitudes qui ne sont pas les nôtres, un être qui agit différemment de nous et chaque matin nous dit : « Regarde, il y a une autre vie, vis mieux ! »
  Vivre mieux, car l'homme aurait tendance à sombrer dans la dégénérescence et l’enfant l'aide à aller vers le haut. S'il ne prête pas attention à cela, l'adulte se perd, se couvre peu à peu d'une carapace dure et devient insensible.


Maria Montessori, Extrait de L'enfant dans la famille, 1936.









29/01/2018

Chez Blanche





Chez Blanche,
C'est l'espace que nous avons créé pour elle dans notre unique chambre,
C'est notre grand-petit-lit que nous partageons avec elle quelques heures dans la nuit,
C'est le fauteuil tétées-sein-calin,
C'était les moments de sommeil dans le berceau familial en osier (comme son papa, ses tontons, ses cousins...)
m
Maintenant Blanche dort dans son nouveau lit de grande, au sol.
Mon bébé a 7 mois.













18/01/2018

04/01/2018

ma journée






















04 octobre 2017
  Aux alentours de 8h je me réveille, je gazouille dans mon lit puis j'appelle, je suis en pleine forme ! Je vois la tête de ma maman apparaître je souris. J'agite mes bras et mes jambes, je suis contente de la retrouver et elle aussi bien que ses yeux soient tout endormis. Je tète le sein, le lait tiède m'inonde la bouche, il est tellement bon le lait de ma maman j'en ferme les yeux. Quand j'ai fini elle me dépose au milieu du grand lit. Dès que Papa ouvre un œil et me parle, maman nous dit « tchao la compagnie ! » elle se tourne, elle a encore sommeil ma maman. Il faut dire que la nuit j'ai encore faim, elle me prend dans ses bras, m'allonge sur elle, je tète puis nous finissons toutes les deux par nous rendormi l'une sur l'autre... Le matin c'est mon papa qui prend soin de moi. Il change ma couche, nous jouons sur le tapis, puis il boit son café à l'ordinateur et moi je continue de jouer. Je me concentre sur le mobile ou sur ma main et je m'exerce à attraper les hochets disposés autour de moi. J'arrive à en attraper certain que je goûte, c'est ma façon de découvrir le monde. Puis mon papa doit partir travailler, souvent à ce moment là j'ai sommeil. Il me couche dans mon lit ou dans les bras de ma maman et je m'endors sur elle, je sens l'odeur de son cou, j'entends son cœur et ça me rappelle des choses... De temps en temps je me sers à boire puis je repars dans mes rêves. La matinée s’achève et ma maman et moi sommes en pleine forme ! Elle commence par prendre son petit déjeuner. Depuis que je suis dans le nouveau transat en hauteur je vois tout ce qui se passe et c'est plus agréable ! Je regarde ma maman préparer, manger et quand elle me regarde aussi ça me fait rigoler, elle est drôle ma maman. Après nous jouons sur le tapis, elle m'attrape les mains et les fait taper taper taper et tourner tourner tourner tout doucement en chantant une chanson. Ensuite elle fait pareil avec mes pieds et ça me fait sourire. Nous lisons et nous écoutons le livre de la pluie et du chat. Au bout d'un moment je suis fatiguée, parfois ma maman ne comprend pas et elle me tend son sein. Alors je râle, je crie et elle fini par comprendre que je pleure de sommeil. Nous sommes en peau a peau et nous ne faisons rien, mais je suis bien et elle aussi. Je fini par fermer mes yeux et m'endormir. Dans l'après-midi nous allons voir Julie la Sage-femme, elle dit que je fais des pointes avec mes pieds, moi aussi je fais la gym en même temps que ma maman ! Au retour nous allons chercher le pain, la plupart du temps je m'endors dans ma poussette. 




01/01/2018

Un 4 décembre






























Papi,
Tu n'auras pas connu ton arrière petite fille mais nous lui raconterons à notre petite Blanche qu'elle était là, avec nous, pour toi.

C'était un 4 décembre.
C'était beau, malgré le froid, le brouillard, la neige et le chagrin. 
Tes amis de longue date étaient là pour jouer une dernière fois les airs de vieille mille fois entendus dans mon enfance (et que j'affectionne). Des jeunes femmes d'à peu près mon âge ont chantés pour toi. Et quand les personnes présentes ont défilés autour de la petite table pour toucher l'Urne on aurait dit qu'elles dansaient. Oui sans le savoir elles dansaient pour toi ! Et moi aussi avec mes yeux mouillés et ma Blanche dans les bras je dansais ! Tu aurais aimé cette petite fête. Est-ce que les millions de particules qui restaient de toi ont vibré ? Est ce que cette musique et cette foule ont chassé le vide, la solitude, le fracas de tes derniers jours de Vie ? Je veux croire que de la même façon avec laquelle tu menas ta joyeuse vie, ta mort fut elle aussi une fête.