22/11/2019

Au fil des mois






Mai
D'abord il y a le doute, la surprise, l’accueil de cette nouvelle. Ce n'était pas prévu pour tout de suite, nous en discutions, l'Amoureux disait bientôt moi je préférais attendre encore une petite année pour que notre Blanche soit plus « grande », elle aurait encore besoin de moi et je ne serai surement pas disponible pour elle dans les premiers temps de la grossesse, ayant déjà vécu un premier trimestre tumultueux lorsqu'elle était dans mon ventre. Mais ce petit être a décidé d'être là, d'exister, le miracle de la Vie. Et en même temps si il est là c'est que quelque part nous le voulions bien.

Le fameux mois de Juin
Gros mélange de fatigue et de nausées, un ventre qui gonfle exagérément le soir pour redevenir plat le matin. Vomir plus que la première fois. L'annoncer à Blanche qui le savait déjà. Le dire aux collègues pour se sentir un peu moins seule. Fêter les 2 ans de Blanche trois fois, avec les voisins, la crèche et la famille sans rien dire, sans boire, la flûte de Champagne sifflée en cachette par l'Amoureux et en étant bien trop fatiguée.

Juillet était la fin de mon boulot et un moment de pause, l'attente de la bonne nouvelle pour savoir si tout était normal pour bébé. Je me préparais à ce que l'histoire se répète, mais le risque était plus grand et ça je m'y attendais moins. Par une première expérience je pensais mieux le vivre mais finalement l'attente était tout aussi pénible et bien trop longue.

_____

Août
Le soulagement que bébé allait bien et les vacances d'été à la mer, les premières pour Blanche qui nous impressionnait à sauter sans crainte dans les vagues de l'Atlantique. Et l'annonce à ceux qui ne savaient pas encore que nous allions agrandir notre petite famille.

Septembre, octobre
Ma rentrée était à la maison. Prendre le temps, celui de la réflexion, trouver une nouvelle tournure à cette grossesse, me rendre compte que le premier accouchement « ne s'était pas mal passé, mais.... » . M'informer, chercher, rencontrer, nous documenter, cheminer... ça prend du temps. Surtout que je ne suis pas seule dans cette histoire de grossesse et d'accouchement, il y a l'Amoureux qui doit cheminer aussi, à son rythme, avec ses craintes et ses représentations. Ce fut riche, je crois que je n'ai jamais autant su ce que je voulais, quelle personne, quel accompagnement, quel lieu, de quelle façon. C'était trop tard pour envisager le compromis de la maison de naissance, trop demandée. Le temps de s'aligner à deux, de discuter, d'argumenter, de pleurer, de se rendre disponible, d'obtenir un rendez-vous.... Puis être déçue. Non ce n'est pas la bonne personne, j'ai besoin de quelqu'un de doux, de maternant, besoin de contenance.

_____

Troisième trimestre 
C'est novembre. Les jours ont filés et plus j'approche du terme plus je vois ce beau projet s’éloigner. Peu à peu je me résous à un autre scénario, si cela arrive je serai toutefois plus avertie, moins passive, vivre ce moment de donner naissance en pleine conscience, en tout cas je l'espère. Car aujourd'hui rien n'est concrètement mis en place, tout va s’enchaîner dans les 2 mois et demi qu'il reste avec Noël en plein milieu que je vois comme une parenthèse.
Décembre sera décisif avec le rendez-vous de la Sage-Femme pour l'AAD. J'espère qu'il ne sera pas trop tard et qu'elle acceptera de nous accompagner contre la montre. J'espère que je trouverais vers quel outils me tourner pour me préparer pour le jour J, ouvrir mon mental pour recevoir cette douleur comme guide, y plonger, m'en saisir plutôt que de la repousser et de la faire disparaître avec une analgésie. C'est aussi à partir de ce mois que nous allons réaménager les espaces pour l'arrivée de bébé. Là aussi ce fut long et compliqué de trouver la bonne combinaison car impossible de pousser les murs. Nous restons dans notre atelier Parisien de 50m2 jusqu'à l'été prochain, voir plus. Ça va bouger et s’accélérer. Notre petit garçon est attendu pour le début du mois de février. Un bébé d'hiver.






21/11/2019

Le bal des mésanges


15/11/2019

Toc toc toc ! C'est une mésange qui m'a extirpé de mon sommeil, elle a toqué ce midi sur le rebord de la fenêtre. L'Amoureux me parlait justement ce matin même de ces petites mésanges auxquelles il fallait bientôt penser, leur offrir de la nourriture pour l'hiver.
C'était le bal des petites mésanges sous la pluie. Passant du lilas à la vigne jusqu'à la clématite sous notre fenêtre. J'ai vue aussi le rouge gorge, le merle, le geai... J'ai observé du lit, je n'ai presque pas bougé. La pluie glaciale m'a rebuté à sortir, presque des petits flocons. Nous sommes mi-novembre, la cour est encore bien verte, le mur de vigne d'en face est toujours couvert de feuilles. J'ai l'habitude qu'il se dévoile en un coup de vent, du jour au lendemain les feuilles à terre. C'est aujourd'hui que j'ai laissé un message a cette Doula. Sa page est pourtant ouverte depuis longtemps dans mon téléphone, je voulais entendre sa voix, me faire une idée, avoir une première impression, est-ce que le contact est bon ? Moi qui ne suis pas une adepte du coup de fil, qui en temps normal préfère écrire. Là je jauge avec mes premières sensations, guidée par cette sensibilité accrue. Un ton, une phrase pourrait me faire chavirer, il n'y a pas de place pour un « mais peut-être que....», pas en ce moment. C'est un état si particulier. Nombreux sont les messages restés sans réponses ces dernières semaines, des bouteilles à la mer perdues. Je ne perds pourtant pas espoir et comme me dit Monsieur A, quand je lui parle d'un léger vent de panique, tout ça n'est pas vain.