J'en suis à la moitié. Enfin nous, l'amoureux, bébé et moi.
Les mois s'écoulent à vitesse normale, certains ont été tumultueux. Novembre était sans fin.
Fatigue et nausées étaient au rendez-vous ainsi que tous les petits
désagréments qui accompagnent le début de la grossesse. Je ne parvenais pas à accepter de ne rien contrôler, mon corps
bousculait nos habitudes. Je tournais en rond dans le lit, le seul endroit où je pouvais être, à contre cœur. Je n'ai jamais eu autant froid sous la couette avec tant de vêtements superposés (dont un gilet en laine). J'essayais de trouver des aliments qui me plaisaient à manger, de dormir pour deux. L'amoureux prit bien soin de moi, de nous, de la maison. Dans le lit il me collait, devenu fou de ce corps en changement, il s'accrochait à mes nouveaux seins vérifiant à son réveil qu'ils n'avaient pas disparus comme un rêve (il y a aussi des bons côtés).
Autour de Noël, je reçus un appel du service de diagnostique anténatal de la maternité, bébé présentait un risque de handicap. Nous choisîmes de faire le test le moins invasif pour ne pas prendre un autre risque : celui de le perdre. En contrepartie deux semaines dans l'attente. Deux mille dix sept sera-t-elle comme on l'imaginait ? Enfin au terme d'un lundi sombre, Clémence la conseillère en génétique mit fin à mon inquiétude qui n'avait fait que grandir en l'espace d'un week-end. Elle m'annonça la bonne nouvelle, les résultats étaient négatifs, bébé était normal. Je la remerciais les mots noyés dans des larmes de soulagement.
Quelques semaines plus tard mon ventre se mit à pousser, je sentis les premiers effleurements de bébé.