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20/02/2023

Lettre à


Monsieur A,

Nos séances me manquent.
Les mots pour vous écrire aussi.
J'ai rouvert mon blog, le dernier texte publié a tout juste 2 ans.
Je voulais vous le partager.
Ce fut un moment intense, autant dans l'instant avec vous qu'après dans l'écriture.

J'ouvre ces pages dans l'espoir d'écrire de nouveau.


Bien à vous



31/01/2021

La séquence





Un jour il m'a demandé si je voulais savoir ce qu'avait mon père. Peut-être avais-je dit : « non », peut-être n'avais-je rien répondu, en tout cas ce jour là ce n'était sûrement pas le moment pour moi de l'entendre. J'y repensais parfois, ce jour viendra.

Puis un mardi de janvier j'évoque le triste constat : — nous allons fêter le premier anniversaire de notre petit Léopold et mon père ne l'a encore jamais vu.

« Madame, votre père est fou »

Sa phrase est sans détour. Alors qu'il continue de parler, l'image se resserre sur lui en mode travelling, une musique se met en route dans ma tête. Calée dans mon fauteuil face à lui je l'écoute toujours au lointain, abasourdis. Il me (dé)livre ce qu'il sait, il était temps. J'entends la musique de ses phrases et mon cerveau encaisse comme il peut. La justesse de son propos m'apaise, soulagement et tristesse se mêlent.

- C'est bien que vous me le disiez sans devoir vous le demander lui dis-je les yeux noyés.

- Je crois que oui.

- Je m'attendais à un terme « savant ». 

- Une psychopathologie ? 

- Oui

- Les psychopathologies ça enferme. 


Etre fou c'est vaste, abstrait, sans limite et ça parle à tout le monde.

- Je ne le savais pas... dis-je.

- Si vous le saviez mais il n'y a jamais eu de mots posés dessus.


Je sors, il pleut des cordes, le ciel est chargé. Comme chaque mardi après mon rendez-vous je vais à Monoprix mais cette fois-ci avec une puissante envie de me faire plaisir. Je regarde les étalages de vêtements à l'affut de m'offrir quelque chose. Ça sera une robe longue bleue marine à pois blancs. Il me faut de la volonté et de l'envie pour ôter toutes mes couches de vêtements d'hiver pour l'essayer. Elle me va, je la prends, heureuse de me faire ce cadeau en fermant les yeux sur son prix, c'est une question de survie.

Regardant par la fenêtre du métro aérien qui me ramène chez moi surgit cette question : 

Peut-on en vouloir à un fou ?


Une fois, deux fois, dix fois, vingt fois, je recommence la séquence où il me dit....




09/03/2017

Il y a 1 semaine


– Mais tu es encore là ? Tu me fais de la peine !
– Moi aussi je me fais de la peine Maïté lui ai-je répondu.

Cela faisait une heure que je me cachais. Depuis le départ de la maison des larmes, des larmes, des larmes... à ne plus pouvoir m’arrêter. Une crise de larmes soudaine et incontrôlable. On m'a dit de rentrer chez moi, impossible d'assurer ma journée, il me fallait du repos.

Pourtant ce matin mon corps n'était pas fatigué, je m'étais couché tôt et pour une fois j'avais pris le temps.
Je m'étais levé un peu plus tôt pour ne pas me dépêcher, ne pas me stresser, ne pas renverser des choses, ne pas faire de bruit, ne pas pester... Ce matin j'avais décidé de ralentir, il le fallait. Marcher tranquillement jusqu'au métro, à petits pas. Je ressassais les mots de la sage-femme et de Monsieur A que j'avais tous les deux vu la veille. Le début de semaine avait été difficile, et ce vendredi là le résultat fut un cocktail explosif de fatigue, d’inquiétude et d'hormones...

Depuis je me suis reposée, j'ai meilleure mine.
5 mois ❤





11/10/2016

La pluie qui tombe


– Vous avez tout pour être heureuse.
J'ai fait un « pfff » qui voulait dire « mouais pas trop ».
S'il avait eu des révolvers à la place des yeux j'ai senti que je serais morte.
«Vous êtes jolie, vous avez un mec sympa, une jolie maison, un boulot... » Pourtant j'avais les yeux bien trop mouillés depuis le début de la séance. Ce soir il était sur le registre de l'humour pour chasser la noirceur sans fondement. J'aurais du lui sortir la blague entendue hier dans un film pas terrible.  – Que fait un canard qui a le rhume des foins ?  – foin ! foin !
Il n'a pas tort. Le pire est derrière moi, les histoires du passé sont dépassées, le travail de la psychanalyse n'est pas de ressasser mais de faire en sorte que la vie soit plus belle. Je le sais, je suis d'accord, je suis la première à avoir de tels arguments pour les copines qui doutent de ce qu'elles ont. Chercher et trouver du positif pour les autres et ne pas y arriver pour soi même, les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés.
Les matins sont rudes, j'ai l'impression d'être un zombi au boulot. Je me trouvais plus aimable, gentille, disponible quand il y a quelques mois je fantasmais ma mort.
Faut-il être au fond du trou pour apprécier la vie ?




26/06/2016

Encombrement



Mardi.
Quand il a dit « Arrêt » j'ai failli avoir un arrêt cardiaque. Ça serait trop brutal.
« Suspendre » Ça existe ? Pourquoi pas...
Moi je voudrais lui proposer que l'on garde au moins le jeudi.

En 7 ans et demi nous avons creusé, creusé, retourné la terre, prit un chemin puis un autre, un vrai labyrinthe. Des galeries souterraines qui s’emmêlent et s'entrecroisent. Mais nous revenions toujours sur notre route pour creuser encore plus profondément. Aujourd'hui c'est donc comme-ci j'étais arrivé au bout avec ma petite pelle. Je n'arrive plus à creuser, on touche au roc, un noyau dur, un bunker.

« Je n'arrive plus à suivre le fil de notre travail »
« Je ne peux pas aller là où vous ne voulez pas à votre place »

Sur le trajet du retour j'avais les yeux gonflés de larmes. Se sentir abandonné. J'ai dit à l'amoureux que je ne voulais pas me retrouver seule à la maison en l'attendant. – On peut se retrouver et manger quelque part ? Il m'a invité au restaurant italien, celui pas trop loin de la maison mais pas trop près non plus.


Jeudi.
J'ai préféré le fauteuil au divan. Dans les heures graves je préfère que nous nous parlions en face. J'ai commencé par – Est ce qu'on peut garder le jeudi ? Il n'était pas question qu'il me lâche comme ça de toutes façons. Je lui ai raconté ce que je gardais pour moi depuis un mois. La petite tâche qui avait grossi comme un petit cancer, le scénario, les pleurs qui font du bien, l'apaisement ressentit depuis...  – Vous mourrez à vous-même. (Alors c'est ça ?)
 
Papamaman, mamanpapa, papimamie, mamiepapi, je suis encombrée.



22/05/2016

Dans quelle étagère ?


Parfois c'est difficile de me suivre, moi-même je ne me suis pas toujours. Entre mes envies qui peuvent se transformer en aversions et mes aversions en envies. Je suis encore toute mélangée. Le plus gros point d'interrogation est :  Avoir un enfant maintenant ou non ?  Je tente toujours de rassurer l'amoureux en lui affirmant qu'on en aura un, un jour. Au delà de nous et de l'amoureux qui est prêt dans les starting blocs, il y a moi qui a mis le holà, toujours prise dans les méandres avec mes propre parents.

Le coup de massue d'un de mes derniers rendez-vous avec Monsieur A :
 – Rappelez moi votre âge ?
– Je viens d'avoir 34.
– Et vous n'avez pas réglé votre œdipe, vous avez toujours l'amour inconditionnel pour votre père. On a encore un peu de travail...

Et merde ! Ça je ne crois pas l'avoir dis tout haut mais mes larmes en disaient longs. Je pourrais écrire tous les gros mots de la terre tellement ça m'emmerde. En sachant que le complexe d’œdipe est un phénomène qui se déroule chez le jeune enfant entre 3 et 6 ans... 

Il a rajouté : « C'est du Freud dans le texte... »

Là dessus vient s'ajouter une nouvelle question existentielle : Je change de boulot ou pas ?
Mais ça c'est une autre histoire...


Blouse Des Petits Hauts



31/01/2016

Le cadeau


« Puisque vous exigez de moi un cadeau... »

C'était un mardi, ça a commencé avec une histoire de sonnette comme dans mon cadeau pour Monsieur A. La sonnette était démontée.

« Vous avez un problème de sonnette ! » lui dis-je.

Je me suis allongée. A la fin de la séance j'ai sorti le paquet de mon sac.

« Tenez j'ai votre cadeau.
- Voulez-vous que je l'ouvre maintenant ou après ? 
(J'étais sure qu'il allait me poser cette question) - C'est comme vous voulez.
- ah non c'est vous qui me l'offrez, vous choisissez.
(Rhooo l'animal ! L'émotion me gagne) - Quand je serais partie alors.
- Bien faisons comme ça. 
- Ça vous arrange aussi on dirait ! »

Je pars un peu émue de lui avoir offert un livre que j'ai fabriqué. Des extraits bien choisis de mon blog qui font référence à lui. Comment va t-il le trouver ? Est-ce que ça va le toucher ?

Le jeudi suivant, il commence : 
« Alors ?
moi d'une toute petite voix : - Vous avez ouvert mon cadeau ?
- Oui, c'est Magnifique .»

Lors de cette séance c'est lui qui a parlé, très touché par ce présent. Je l'ai sagement écouté me dire que c'était bien, beau. C'était un cadeau inédit et précieux. Il avait rit pour ma dédicace et aussi parce que mon livre commence avec cette histoire de sonnette. Il a enfin pu voir comment j'aimais prendre mes photos et comment je posais et disposais les mots. Il a parlé de pudeur et de propos justement dosés.
C'était un moment où il a rempli mon âme de lumière. Comme les enfants qui demandent un câlin dans nos bras pour recharger leur batterie émotionnelle.

« Elle était jalouse votre femme qu'on vous ai offert un cadeau comme celui là ? » (Elle est elle aussi psychanalyste)
Je ne l'ai pas laissé me répondre. Je suis sortie, heureuse.




16/01/2016

Prendre de la hauteur et chuter




Avoir le cœur rabougrit et l'envie de disparaître.
Le vent nous portera. Il emporte les semaines ainsi...


La semaine passée, j'apprends que je suis le rôle principal féminin dans la pièce que nous jouerons au mois de juin. Énorme surprise (oui quand on n'a pas une haute estime de soi), grand défi, beaucoup travail en vu et de la fierté. 
Faire un cadeau et recevoir en retour des Mots plus hauts les uns que les autres de la part de Monsieur A. Je n'ai retenu que Magnifique, parce que trop d'adjectif dans la même phrase, c'est trop pour moi.

***
Cette semaine, énorme déception d'apprendre que nous ne jouerons pas la pièce de Gogol pour des raisons plus que obscures...
Avoir le cœur qui bat, se laisser aller jusqu'à la maladresse puis pleurer de l'intérieur.
A travers mon corps droit et épais j'ai vue l'eau salée dégouliner dans mes entrailles.


08/12/2015

La mascarade de noël



Je le regarde faire avec application : tu fais ça très bien ! dis-je.
Oui il fait ça très bien.
Moi je suis assise dans le fauteuil, jambes repliées, tasse chaude entre les mains et je grignote des fruits séchés.

Je fais comme je peux face à la « joyeuse » période d'avant Noël.

Récemment j'ai dit : - ma famille c'est uniquement lui, sinon je suis seule.
- Très bien !
- C'est bien que je sois seule ?!
- Non que enfin vous l’admettez.

Oui au lieu de tourner et espérer (désespérer même).

Pourtant en vrai je ne suis pas une orpheline. J'ai un père, une mère, un frère, des grands-parents, des oncles, des tantes et des cousins... Ils respirent, ils pensent, ils font (ou pas) noël avec la famille qu'ils ont choisit, pas celle qu'on imagine, pas celle d'origine.

Moi pendant ce temps là je lui demande si il peut rentrer un peu plus tôt, qu'il me prenne plus souvent dans ses bras.

Il a décoré le sapin, il a fait ça très bien.





02/11/2015

si loin et si proche



Derrière moi le Sacré Cœur - En face, Paris et mes espoirs.




C'est parce que ces photos existent
que je sais que c'était un dimanche 2 novembre en fin d'après-midi.
En attendant mon rencard. Encore un homme d'internet.
A chaque nouvelle rencontre, ses attentes et ses déceptions.
Dans ma mémoire les images de ce rendez-vous sont opaques.
  Mais elles demeurent parce qu'elles furent porté par des mots écrits à vif,
dans un texte oublié.
Tout s'oublie, comme le jeudi 13 et le jeudi 20.
J'y avais vidé mon âme et élevé mes regrets. 
Je parlais de goût d'inachevé, d'une histoire dont il manquait la fin.
Je réclamais une dernière soirée, un autre jeudi pour oublier.

Grâce à cette fulgurante désillusion, je me retrouvais, quelques semaines plus tard, pour la première fois en face de Monsieur A. Ça avait été la goutte de trop, un trop plein dans ma petite vie éclatée. C'était il y a 7 ans.

  


15/07/2015

Un jour de fête



Les quatre phrases sont imprimées, j'ai sentie chaque lettre de plomb battre sur mes tempes.

J'ai mis la nappe, fabriqué les petits bouquets pour décorer la table, accroché les boules de papier dans l'arbre. Tout était prêt pour fêter l'anniversaire de Maman (enfin !).

En attendant les invités j'ai appelé Monsieur A comme convenu même si sa réponse seule par écrit était déjà un soulagement.
m
Vingt-cinq minutes à réparer l'irréparable.






12/07/2015

En attendant jeudi





Justine Giraud
11/07/2015 à 21:22 
À : MonsieurA
Sujet : En attendant jeudi 
Bonsoir Monsieur A,

Je me permet de vous écrire car j'ai reçue il y a quelques minutes ce mail de mon père.
Je suis choquée.


Justine Giraud


MonsieurA
12/07/2015 à 00:15 
À : Justine Giraud
 
Il n'y a pas grand chose d'autre à dire (par écrit) que, ce que vous avez reçu est d'une violence extrême.
Vous pouvez me joindre demain matin en fin de matinée avant le repas pour qu'on en parle.

 

09/02/2015

rouge coquelicot




Marion a dit : tu n'as pas écrit depuis le 20 janvier.

Il y a des moments comme ça où les mots sont absents, non au contraire ils viennent se cogner dans ma tête. C'est trop. C'est 2 séances entières à pleurer sur le divan, c'est écouter Bono, c'est m'effondrer dans les bras de l'amoureux, c'est avoir peur. J'ai écris. En mode brouillon. Trop brouillon pour être publié. Puis ça passe. C'est ne plus y penser du jour au lendemain. C'est surprenant. C'est remplacé par autre chose.
Monsieur A fini par reposer la même question qu'il y a deux semaines auparavant :
Qu'est ce qui vous manque pour être heureuse ? ou Que vous faut-il pour être heureuse ?
J'ai oublié la forme, mais le fond de la question est le même.
Détachez-moi.



18/01/2015

hibou, chou, genou, caillou...





Mardi.

- Docteur, j'ai très mal à la gorge.
Il a pouffé.

Ma gorge se resserre. Ça a commencé le lendemain de Noël. Une pharyngite. Un traitement de trois jours, au bout de dix ça ne passait toujours pas. Comme par magie le soir de mes retrouvailles avec mon docteur de l'Âme je n'avais plus mal, puis c'est revenue petit à petit jusqu'à ce soir. C'est symptomatique.

J'ai lavé mon visage avec mes larmes. J'ai étalé les perles salées avec mes mains. Et j'ai continué à pleurer jusqu'à la nuit.

31/12/2014

*



« Prenez soin de vous » m'a dit Monsieur A avant de refermer la porte sur notre dernier rendez-vous.

J'ai appelé mes parents pour les inviter à partager un repas de Noël après l'heure. Ensemble.
A l'autre bout du fil d'abord pas de réponse - des silences - que j’appellerais blancs parce que les silences sont agréables et les blancs mettent mal à l'aise - J'attends.
Les voix changent, bafouillent, et des phrases déroutantes sortent de leur bouche.
Un sketch, il vaut mieux en rire.
Au début j'ai ri puis plus...


26/12/2014

11/12/2014

Six !

C'est la première fois que je fête six ans de quelque chose. En mars Aurélien et moi fêterons nos six ans d'amour. Six c'est joli.
Aujourd'hui cela fait six ans que j'ai eu mon premier rendez-vous avec Monsieur A. Comme ça tombait un jour où l'on se voyait j'ai envisager de faire quelque chose de particulier. Apporter une demi de Champagne pour trinquer à deux ? Trop osé. Il y avait une envie de partager quelque chose, mais je suis venue les mains vides et un grand sourire qui lorsqu'il m'a ouvert la porte, en disait long apparemment. Il a vu tout de suite que ce n'était pas un sourire comme d'habitude. Je ne maitrise pas ça, mon visage semble ultra révélateur de mes pensées.
 Dans la conversation il m'a demandé si j'avais noté cette date quelque part. Oui, en 2008 j'avais écrit dans un cahier un petit texte que j'ai repris l'année d'après dans ce blog { ici }
Je lui explique que depuis le cahier était parti à la poubelle. Il était resté chez mes parents et les rares fois où je viens chez eux mon père en profite pour me demander de trier un peu mes affaires laissés dans ma chambre en l'état. Et la dernière fois je l'ai jeté sans le relire. MAIS ce texte avait été conservé ailleurs, ici même.
Il m'a demandé ce que j'y avais écrit. Les phrases étaient floues mais quelques mots ont ressurgis.

 Dans le métro * lumière éclaire* je lève soudain la tête de mon livre.
« C'est ça que j'aurai pu apporter pour cet anniversaire, ce petit texte de notre première rencontre ! »

J'ouvre le blog pour le relire, l'imprimer ou le recopier et je m'aperçois avec stupéfaction qu'il est incomplet. Parenthèse point point point parenthèse veulent bien dire que j'ai volontairement retiré un morceau. Un morceau dont je ne me souviens absolument pas. Peut-être seulement une phrase ? Peut-être deux ou même trois ?!
En tout cas soit c'était trop intime pour qu'il figure sur le blog, ou alors pas assez bien transcris ou encore parfaitement inutile... Je ne le saurais plus jamais.




04/11/2014

  

Je lis Le chagrin de Lionel Duroy. Un pavé de 735 pages (version poche).
« Tu l'as acheté pour qu'il dure plus longtemps ? me dit l'amoureux, sans doute impressionné par mon engouement soudain pour la lecture.
- Non, parce que c'est celui-ci qui m'a plu sur l'étalage » (sinon ça pourra toujours servir pour caler un meuble).

D'abord la couverture et le titre, la 4eme de couverture, puis la première page voir si ça accroche... OK, je prends !

C'était un mardi à ma (petite) pause. Plus de livre. J'avais terminé Sagan la veille (Bonjour tristesse, un vrai petit bijou !). De toute façon il faisait froid, pas question de m'assoir sur mon banc du parc.
Je vais marcher... mais où ? Jusqu'à la Fnac, j'ai plus de livre.


Je n'ai pas ouvert mon livre du week-end, j'ai une passion pour la lecture dans le métro. Je ne sais plus où j'ai arrêté l'histoire. Je relis quelques lignes au-dessus et ça y est j'y suis de nouveau dans cet univers ! Les images se (re)dessinent au fur et à mesure des mots. Pourtant ce n'est que du papier blanc sale avec des symboles, il n'y a pas d'images, nulle part. Et quand je repense à chacun des romans que j'ai lu récemment des paysages me reviennent. C'est formidable.

Ça m'amuse de penser que ce doit être pareil pour Monsieur A. mon analyste, il se replonge dans l'univers tourbillonnant de celui allongé sur le divan. Après avoir raccompagné le précédent à la porte.



06/05/2014

nuit blanche


Je n'ai pas dormi une minute.
La dernière fois que c'est arrivé c'était le jour de mon tout premier rdv avec Monsieur A,  > ici < je savais que ce jour là ma vie prendrait une autre tournure.
Aujourd'hui c'était une journée comme les autres. Je n'ai pas eu peur de ne pas avoir dormi, j'ai juste dis que je dormirai mieux ce soir. Il était même 17h30.
Le matin était légèrement différent, il était lent. J'ai pu prendre le temps de boire une tasse de chocolat. Le boulevard était encore plus désert que d'habitude mais contrairement à ce que j'aurais cru le métro lui était plein. Derrière la tour Eiffel, le soleil m'éblouissait.
Le jardin d'enfants était silencieux. J'ai pris quelques minutes pour observer la classe du bas. Cette grande pièce dont l'aménagement pour septembre m'obsède déjà. Je pense même à prendre les mesures pour faire un plan dans Illustrator et déplacer les meubles. 
Je prend beaucoup de plaisir au travail, les réflexions des enfants me font rire j'aimerai toutes les noter pour ne pas les oublier mais il y en a tellement. Ils ont bien grandi.






21/04/2014

Ici tout va bien

  
Mardi.
J'étais à l'heure, j'ai sonné et attendu devant la porte comme d'habitude. Le mardi il arrive toujours de l'extérieur. Au bout de quelques minutes un flash me traverse la tête. La porte m'est alors apparu comme un mur, ce soir elle ne s'ouvrira pas.
Ce soir là je n'avais pas rendez-vous à 20h15 comme tous les mardis. Je l'appelle dans la foulée sans réfléchir. Je l'ai imaginé m'attendre... en voilà un gros lapin.

- Bonsoir Monsieur A c'est Justine G, je suis vraiment et sincèrement désolée... j'avais oublié que nous avions avancé le rendez-vous...
- Oui je vous attendais à 19h. On se revoit donc jeudi à 18h30 comme d'habitude ?
- Oui...

Vous me direz ce n'est pas si grave de manquer un rendez-vous, pourtant j'étais mal toute la soirée. Je ne comprenais pas, c'est comme-ci je m'étais faite avoir, avoir par moi même. Je réfléchissais et rien mais alors rien du tout n'aurait pu m'y faire penser, rappeler que j'avais rendez-vous plus tôt. Je ne me souvenais même pas de l'heure. J'avais cru jusqu'au bout à mon histoire, jusqu'à me rendre devant sa porte, croyant le voir apparaitre d'une minute à l'autre. C'était déconcertant de voir ma propre vie m'échapper. C'était la première fois que ça arrivait. Pour une fois je n'avais pas noté le changement dans mon agenda. A 19h ce mardi là je buvais une blanche avec Charlotte. Cela faisait des semaines qu'on essayait de se voir. 

Mercredi.
 - Allo? Oui maman.
- Alors ils étaient bons tes petits chocolats ?
- // FLASH // Han maman, je les ai oublié au restaurant ! 
- Oui c'est bien ce qui m'a semblé quand je t'ai vu partir sans le sac. J'y suis retournée pour être sure et je les ai récupéré.
 
Jeudi.
- Je vous ai posé un gros lapin mardi.
- A moi non, j'ai fais la séance avec votre absence.

Au bout d'un quart d'heure il avait compris que je ne viendrais pas. Moi qui le préviens toujours de mes petits retards et qui note attentivement nos changement d'horaire. Il ne m'a pas appelé, si je ne venais pas que ça soit volontaire ou non, peu importe, cela faisait parti du travail.