26/06/2016

Encombrement



Mardi.
Quand il a dit « Arrêt » j'ai failli avoir un arrêt cardiaque. Ça serait trop brutal.
« Suspendre » Ça existe ? Pourquoi pas...
Moi je voudrais lui proposer que l'on garde au moins le jeudi.

En 7 ans et demi nous avons creusé, creusé, retourné la terre, prit un chemin puis un autre, un vrai labyrinthe. Des galeries souterraines qui s’emmêlent et s'entrecroisent. Mais nous revenions toujours sur notre route pour creuser encore plus profondément. Aujourd'hui c'est donc comme-ci j'étais arrivé au bout avec ma petite pelle. Je n'arrive plus à creuser, on touche au roc, un noyau dur, un bunker.

« Je n'arrive plus à suivre le fil de notre travail »
« Je ne peux pas aller là où vous ne voulez pas à votre place »

Sur le trajet du retour j'avais les yeux gonflés de larmes. Se sentir abandonné. J'ai dit à l'amoureux que je ne voulais pas me retrouver seule à la maison en l'attendant. – On peut se retrouver et manger quelque part ? Il m'a invité au restaurant italien, celui pas trop loin de la maison mais pas trop près non plus.


Jeudi.
J'ai préféré le fauteuil au divan. Dans les heures graves je préfère que nous nous parlions en face. J'ai commencé par – Est ce qu'on peut garder le jeudi ? Il n'était pas question qu'il me lâche comme ça de toutes façons. Je lui ai raconté ce que je gardais pour moi depuis un mois. La petite tâche qui avait grossi comme un petit cancer, le scénario, les pleurs qui font du bien, l'apaisement ressentit depuis...  – Vous mourrez à vous-même. (Alors c'est ça ?)
 
Papamaman, mamanpapa, papimamie, mamiepapi, je suis encombrée.



1 commentaire :

  1. Tu as l'air de vivre des choses bouleversantes, j'espère que ça va aller :) courage

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