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13/01/2019

à l'aube


Le 02 janvier.

Il est 4h50, elle a 10 min d'avance. C'est la première tétée de l'année. Elle est debout et elle attend. J'ai seulement quatre petits pas à faire pour l’attraper de son lit. Je la serre contre moi, elle s'agrippe avec ses jambes et me dit : "tétée". Je m'allonge dans le grand lit, ce petit bloc de chair de onze kilos étalé sur mon corps n'est possible que quelques instants. Elle glisse à côté de moi, entre nous. Sa tête restera au creux de mon bras, je la porte même allongée dans notre lit. Je respire et embrasse ses cheveux. Elle téte longuement, fait une pause, se délecte, abandonne le sein puis le reprend quelques secondes après. Je suis prisonnière, il faudrait qu'elle le lâche pour de bon, qu'elle soit à plat dos les bras écartés, poings fermés, repue. Là je pourrais me tourner sur le côté, déplacer mes os, m'étirer.  Sinon je peux toujours lui chuchoter au creux de l'oreille : "ma Blanche je vais te remettre dans ton lit". Le petit corps lourd de sommeil est difficile à manipuler. Un baiser sur sa joue pour la rassurer de l’apesanteur soudaine, et surtout parce que c'est plus fort que tout. Malgré toute ma délicatesse pour un atterrissage en douceur, une fois sur deux il se peut que... Je la reserre contre moi, elle s'agrippe avec ses jambes et me redit : "tétée". Je me rallonge dans le grand lit...





05/06/2018

vis à vis de PACS




Paris 14eme



Le 19 mai c'était le premier anniversaire de notre Pacte Civil de Solidarité.
Nous avions pactisé en 10 minutes lui, moi et mon gros ventre.
Photo selfie/souvenir devant la porte du tribunal avec nos petits papiers. Nous n'avions pas osé demander à un passant de faire une photo officielle.
Main dans la main, trois rues plus loin nous avions déjeuner dans un charmant petit restaurant.
J’eus le droit de boire un peu de champagne et pris un dessert aux fraises.

Cette année il y a une petite bichette curieuse sur notre photo.
C'était à la maison.
Une compote maison et une purée ce sont glissées sur la table des festivités.


29/01/2018

Chez Blanche





Chez Blanche,
C'est l'espace que nous avons créé pour elle dans notre unique chambre,
C'est notre grand-petit-lit que nous partageons avec elle quelques heures dans la nuit,
C'est le fauteuil tétées-sein-calin,
C'était les moments de sommeil dans le berceau familial en osier (comme son papa, ses tontons, ses cousins...)
m
Maintenant Blanche dort dans son nouveau lit de grande, au sol.
Mon bébé a 7 mois.













18/01/2018

04/01/2018

ma journée






















04 octobre 2017
  Aux alentours de 8h je me réveille, je gazouille dans mon lit puis j'appelle, je suis en pleine forme ! Je vois la tête de ma maman apparaître je souris. J'agite mes bras et mes jambes, je suis contente de la retrouver et elle aussi bien que ses yeux soient tout endormis. Je tète le sein, le lait tiède m'inonde la bouche, il est tellement bon le lait de ma maman j'en ferme les yeux. Quand j'ai fini elle me dépose au milieu du grand lit. Dès que Papa ouvre un œil et me parle, maman nous dit « tchao la compagnie ! » elle se tourne, elle a encore sommeil ma maman. Il faut dire que la nuit j'ai encore faim, elle me prend dans ses bras, m'allonge sur elle, je tète puis nous finissons toutes les deux par nous rendormi l'une sur l'autre... Le matin c'est mon papa qui prend soin de moi. Il change ma couche, nous jouons sur le tapis, puis il boit son café à l'ordinateur et moi je continue de jouer. Je me concentre sur le mobile ou sur ma main et je m'exerce à attraper les hochets disposés autour de moi. J'arrive à en attraper certain que je goûte, c'est ma façon de découvrir le monde. Puis mon papa doit partir travailler, souvent à ce moment là j'ai sommeil. Il me couche dans mon lit ou dans les bras de ma maman et je m'endors sur elle, je sens l'odeur de son cou, j'entends son cœur et ça me rappelle des choses... De temps en temps je me sers à boire puis je repars dans mes rêves. La matinée s’achève et ma maman et moi sommes en pleine forme ! Elle commence par prendre son petit déjeuner. Depuis que je suis dans le nouveau transat en hauteur je vois tout ce qui se passe et c'est plus agréable ! Je regarde ma maman préparer, manger et quand elle me regarde aussi ça me fait rigoler, elle est drôle ma maman. Après nous jouons sur le tapis, elle m'attrape les mains et les fait taper taper taper et tourner tourner tourner tout doucement en chantant une chanson. Ensuite elle fait pareil avec mes pieds et ça me fait sourire. Nous lisons et nous écoutons le livre de la pluie et du chat. Au bout d'un moment je suis fatiguée, parfois ma maman ne comprend pas et elle me tend son sein. Alors je râle, je crie et elle fini par comprendre que je pleure de sommeil. Nous sommes en peau a peau et nous ne faisons rien, mais je suis bien et elle aussi. Je fini par fermer mes yeux et m'endormir. Dans l'après-midi nous allons voir Julie la Sage-femme, elle dit que je fais des pointes avec mes pieds, moi aussi je fais la gym en même temps que ma maman ! Au retour nous allons chercher le pain, la plupart du temps je m'endors dans ma poussette. 




01/01/2018

Un 4 décembre






























Papi,
Tu n'auras pas connu ton arrière petite fille mais nous lui raconterons à notre petite Blanche qu'elle était là, avec nous, pour toi.

C'était un 4 décembre.
C'était beau, malgré le froid, le brouillard, la neige et le chagrin. 
Tes amis de longue date étaient là pour jouer une dernière fois les airs de vieille mille fois entendus dans mon enfance (et que j'affectionne). Des jeunes femmes d'à peu près mon âge ont chantés pour toi. Et quand les personnes présentes ont défilés autour de la petite table pour toucher l'Urne on aurait dit qu'elles dansaient. Oui sans le savoir elles dansaient pour toi ! Et moi aussi avec mes yeux mouillés et ma Blanche dans les bras je dansais ! Tu aurais aimé cette petite fête. Est-ce que les millions de particules qui restaient de toi ont vibré ? Est ce que cette musique et cette foule ont chassé le vide, la solitude, le fracas de tes derniers jours de Vie ? Je veux croire que de la même façon avec laquelle tu menas ta joyeuse vie, ta mort fut elle aussi une fête. 


12/12/2017

Joli prénom



Ah je fanfaronnais auprès de nos amis ! Nous, nous savions déjà. Fille ou garçon nous avions choisis le prénom depuis longtemps, nous étions simplement d'accord, ça nous avait peu couté en discussion. Puis une fois le bébé installé au creux de mon ventre nous ne savions plus, nos certitudes s’étaient envolées.

Nous avons toujours gardé nos idées de prénoms comme des secrets. Pour la surprise mais aussi pour nous préserver des avis et des commentaires qui peuvent être parfois indélicats.
Si notre fille était née deux ans auparavant nous l’aurions très certainement appelée Louise. Prénom pour lequel j’avais eu un coup de cœur grâce à une petite Louise de 2 ans et demi rencontré au Jardin d’Enfants dans lequel je travaillais.



Automne

Au moment où j’apprends que je suis enceinte je remets en question ce choix, peut-être un peu lassée déjà. En tout cas j’ai besoin d’explorer, de chercher ailleurs, d’aller vers d’autres horizons, pour peut-être doucement revenir à Louise.

J’aime les prénoms plutôt rares et anciens, ceux du début du XXe siècle. L’Amoureux aime Jeanne, moi seulement un peu. Je cherche aussi côté garçon, notre choix de départ pour un garçon est lui aussi mis entre parenthèses.


Au fil du temps désir ou intuition, je sens que nous attendons une fille.


Puis un jour au détour d’internet je tombe sur Blanche. Un prénom que je connaissais mais que j’avais oublié. Le prénom d’une petite fille rencontré en crèche et qui m’a laissé un adorable souvenir et aussi celui de mon arrière-grand-mère.

J’eu l’impression d’avoir enfouis ce prénom, qu’il était presque interdit. Je le propose à l’Amoureux qui me répond un « ah ouais » plutôt convaincu (j’apprends en lui faisant lire ce texte que c’était un « ah ouais » plutôt de « surprise »…) 

 A ce moment-là lors de mes recherches je constate que Louise est en tête ! Bientôt elle occupera la première place du palmarès des prénoms… C’est là qu’elle me perd.

Blanche est donc LE prénom, SON prénom j’en parle régulièrement avec l’Amoureux comme acquis. C’est l’évidence. A mes yeux (et à mes oreilles) il s’en dégage douceur, délicatesse, féminité, pureté. Ce prénom nous va bien, il nous ressemble. 

J’aime que Blanche existe dans d’autres pays sous la forme de Bianca (Italie) et Blanca (Espagne).



Hiver

Il aime Manon, il lui trouve un coté sauvage. Mais Manon c’est non !

Lorsque nous apprenons que c’est une fille il me dit simplement : « Elle ne s’appellera pas Blanche ». Finalement il ne se projette pas avec ce prénom. Je suis terriblement déçue mais pas désespérée, ne plus en parler, laisser reposer, attendre.



Printemps

Nous avons vu Charlie et l’Amoureux l’a transformé en Charline. Moui, c’est loin d’être une évidence.
Mes lèvres ont répété ce prénom, mes mains l’ont écrit, pour voir. Charline l’association de mes deux amies, Charlotte et Caroline. Il me fallu quelques jours pour « l’apprivoiser ». Une semaine plus tard je dis à l’Amoureux que finalement j’aime sa proposition. Il me répond que finalement il lui trouve un quelque chose masculin, nous repartons sur d’autres pistes.

Charline nous a ouvert les portes des prénoms se terminant par « ine ». Il restait deux mois avant la naissance de notre petite fille. J’étais prête à chercher un prénom qui nous irait à tous les deux même si Blanche demeurait mon prénom préféré de la vie !

J’emprunte des livres de prénoms. Je constate qu’il y a plus passionnant comme lecture.
Parfois le soir, dans le lit, dans la nuit nous disons tout haut un prénom qui passe par là. Un soir il dit Eglantine, je soupire.

Églantine, c’est féminin, mignon, frais, finalement pourquoi pas. Mais lorsque je lui en reparle il ne se rappelle plus, il a dit ça comme ça, non ça ne lui plait pas.

Je commence à légèrement m’agacer de ses propositions en l’air. Si nous n’arrivons pas à nous mettre d’accord ça sera surement une petite Louise qui naitra, le prénom « par défaut » ce qui est dommage.

Ma liste de prénoms en « ine » : Honorine, Rosaline, Léopoldine, Églantine

Sa liste de prénoms en « ine » : Joséphine, Pauline
  


Été

Dans un des livres il y a des listes à thème. La liste « BCBG » me parle beaucoup, tous les prénoms que nous avons évoqués y sont. Je lui tends alors le livre et lui demande d’en choisir un de cette liste. Il choisit Diane.

Dernière short-list ; Lui : Diane, Jeanne, Pauline
                                   Moi : Blanche, Jeanne, Louise, Églantine.

Je comprends que je dois faire le deuil du prénom Blanche, ça me rend triste mais je garde quand même un secret espoir.
Même si Jeanne est le prénom en commun, nous ne décidons rien.
Il a un véritable coup de cœur pour Diane (fini les prénoms en l’air !)



Le jour J

Une heure avant sa naissance j’apprends que je vais aller au bloc pour une césarienne. Notre fille va bien, moi je suis fatiguée, ça fera près de vingt-quatre heures que nous sommes à la maternité. Mille fois j’ai imaginé la rencontre avec mon bébé, ces tous premiers instants où je pourrais envelopper son petit corps de mes mains, lui parler, la renifler, la caresser, l'embrasser, connaitre son odeur, lui donner le sein… De ce que nous savons, la césarienne ne permet pas cela dans les premiers instants de la naissance. Je pleure, désespérée, j’accepte difficilement la nouvelle.

L’Amoureux choisit ce moment délicat pour me faire part de son choix de prénom. Il me propose d’appeler notre petite fille tant attendue… Blanche.


Blanche naît le 29 juin 2017 à 02h51 par voies naturelles. Son second prénom est Diane.




 



02/11/2017

16 octobre





Le 16 octobre
Ma poupette,

Il y a un an le soleil brillait aussi fort qu'aujourd'hui.
C'était un dimanche à la campagne chez tes grands-parents, apéro dans le jardin, il faisait bon au soleil. Nous bûmes du Champagne, moi un peu moins que d'habitude car un joli doute planait.
Le soir de retour à la maison, j'écrivis à la hâte quelques mots au verso d'une carte postale dont le recto était le profil d'une mère allaitant son bébé - le dessin d'un peintre.
Je l'avais choisis quelques mois auparavant dans la boutique d'un musée. Pourtant rares sont les fois où j'anticipe les choses... mais depuis quelques mois nous avions décidé d'avoir un bébé et de devenir parents.
Je donna la carte à ton papa.
Tu étais là, nous étions trois.
L'Aventure commençait.

Et malgré la nuit, le soleil continuait de briller fort dans nos cœurs.

❤️ 

21/10/2017

bébé d'été




le 21 Octobre 2016,

« Le froid est arrivé d'un coup.
Je ressens de la douceur, une petite boule de chaleur à l'intérieur.
C'est doux, c'est de l'espoir que l'on promène. »








05/10/2017

Bestiaire


Avant de naître elle était ma petite grenouille.
Puis il y a eu Petit Chat à cause des petits bruits mignons qui venaient de son berceau (bien qu'ils n'avaient pas grand chose à voir avec ceux d'un chaton).
Son petit cou de tortue lorsqu'elle lève son menton pour s'étirer, s'étirer, s'étirer...
Yeux de Chouette quand ses yeux sont grands ouverts la nuit.
Des petits sons d'oiseau, notre voisin a dit qu'il entendait.

Et aussi ma bichette, ma petite poulette... des petits noms qu'on se donne entre filles.






30/09/2017

Folie





Ma Blanche,
J'aimerai que le temps s'arrête et t'avoir blottit contre moi pour toujours.
Faire nos siestes l'une contre l'autre jusqu'à la fin des temps.
Te nourrir sans fin.
T'aimer à en mourir.
Vivre nos journées indéfiniment. 






22/09/2017

My Love



Je n'avais jamais entendu Blanche renifler de chagrin. Son papa m'a confié que c'était déjà arrivé quand elle avait beaucoup pleuré de faim parce que je n'arrivais pas.

Message de Nanie : – Je pense qu'elle a faim elle pique une petite colère à la minute.
Moi : – J'arrive, dis le lui.

Nanie n'en revenait pas, à ses mots Blanche s'était arrêté de pleuré. Quelques minutes plus tard je la retrouvais dans les bras de sa grand-mère, elle reniflait, yeux troubles, petit nez rose foncé. Je me suis plantée devant elle avec des mots qui ne sont que pour elle, elle m'a sourit. J'ai sortis mon sein.

 *

Parfois les petits pleurs de sommeil peuvent se transformer en ras de marrée de cris. Dans mes bras Blanche se calme, la tête sur mon épaule, mon nez enfouit dans son cou. Son papa se colle à nous, il lui caresse délicatement la joue. Nous nous regardons et lisons dans nos yeux que ses petits sanglots-reniflements nous attendrissent. Dans le silence du soir, nous nous tenons tous les trois au milieu de la pièce, éclairé comme à la lumière d'une bougie.




07/08/2017

sans mots


Combien de fois suis-je venue ici ?
taper quelques phrases,
essayer que ça sonne juste
puis finalement refermer la page.

Je suis vide de mots.




01/06/2017

8 mois ❤



ma petite grenouille,

Je t'appelle ainsi car lorsque tu naitras tu seras toute petite et toute repliée sur toi même. J'ai hâte de t'avoir blottie dans le creux de mon cou. L'autre jour nous avons visité la maternité. Dans la salle de naissance j'étais tellement émue que j'ai faillie pleurer mais j'ai réussie tant bien que mal à retenir mes larmes. Ton papa lui, ne se sentait pas très bien, il est sensible aux machines et aux aiguilles... Le moment venu on essaiera de se serrer les coudes ! (ou se tenir la main, ou lui broyer la main ?)

Les passants me regardent droit dans le ventre – La Vache Sacrée – il est de plus en plus lourd. C'est tout une histoire pour changer de position dans le lit. Je peux être sans sommeil, appréhender la nuit et mes réveils nocturnes... Je ne suis pas totalement seule dans le silence, tu es là. De jour comme de nuit tu bouges tellement ! Tu as encore un peu de place même si je sens ton petit corps moulé sous ma peau. Je sais par cœur où sont tes petits pieds qui me donnent des coups, tes petites fesses près de mon nombril, ta tête qui appuie sur ma vessie. C'est la dernière ligne droite, tout va bien, à partir de maintenant nous t'attendons, je n'ai plus peur, même si j'aimerai que tu profites encore au moins deux semaines en mon sein.




29/05/2017

Les petites layettes de mamie





J'ai récupéré les petites layettes en laine que ma mamie avait tricoté il y a bien longtemps. Elle est fière que son arrière petite fille puisse les porter et terriblement désolée de ne plus pouvoir en tricoter de nouvelles.
Je prépare tranquillement les petites affaires et la valise. Je fais des lessives de rose, des petits tas par taille. Il faut un peu de tout, du chaud, du moins chaud, du pas trop petit mais en avoir quand même au cas où. Car ça ne me plaira pas du tout si elle flotte dans ses premiers vêtements.


21/05/2017

Danser



ma petite grenouille,

J'ai dansé ! Oui dansé avec mon gros bidon et toi dedans.
Ensuite j'ai prié pour ne pas accoucher dans les trois jours suivants.
Encore un petit mois avant de te voir.





02/05/2017

Le jour de ma naissance




mardi dernier.

ma petite grenouille,

Hier c'était le jour de ma naissance, j'ai eu 35 ans. Ce n'est pas jeune mais ce n'est pas trop vieux non plus. A Paris les femmes ont en moyenne leur premier enfant vers 33 ans. Paris c'est pas la France. Ton papa et moi faisons plus jeunes que notre âge alors que nous sommes les plus vieux de nos amis et presque les derniers à avoir un bébé. Mais on s'en fiche ! Parfois c'est nécessaire de prendre son temps. Hier j'ai eu 35 ans et une maman du Jardin d'Enfants pensait que j'avais 28 ans, comme le monsieur des statistiques de la RATP qui lui me donnait 25 ans... Nous sommes murent pour être parents et jeunes dans notre tête, tu verras on rigolera bien tous les trois !
Peut-être avons nous trouvé ton prénom. C'est une trouvaille de ton papa d'ailleurs. Je crois que je ne l'avais jamais entendu. Comme ce n'était pas une évidence, il m'a fallu quelques jours pour l'apprivoiser puis finalement l'aimer. Depuis le début nous gardons nos idées de prénoms comme des secrets. Pour la surprise et puis les gens peuvent êtres si indélicats... je fuis les commentaires et les avis qui pourraient nous nuire.
C'est drôle parce qu'avant d'être enceinte je fanfaronnais auprès de nos amis... Nous, nous savions déjà ! Fille ou garçon nous avions choisis depuis longtemps, nous étions simplement d'accord, ça nous avait peu couté en discussion. Ça c'était avant. Une fois toi installé au creux de mon ventre nous ne savions plus, nos certitudes envolées.





19/04/2017

J - 70


ma petite grenouille,

Je m'adresse à toi par la pensée. Fort heureusement tu es toujours là dans mon ventre. J'aime te sentir bouger, même si tes mouvements me surprennent de plus en plus, tu vas bientôt être à l'étroit. Lorsque nous sommes tous les trois dans le lit tu viens à gauche si ton papa est à gauche, ou à droite si il dort à droite, à la recherche de la chaleur. D'ailleurs avec toi je n'ai pas froid, ton petit corps et ton petit cœur me tiennent chaud au corps. Et entre le son des gargouillis, ma voix, mon cœur, ma respiration il y a aussi tous ces bruits de notre maison que tu entends déjà : le grincement de la clenche de l'armoire Parisienne, le craquement de l'escalier, le boucan de la machine à café, le roulement de la porte coulissante de la douche, le bip de la plaque de cuisson, le grondement de la machine à laver le linge, la voix grave de ton papa... Quand nous rentrerons tous les trois après ta naissance tu retrouveras ses bruits qui te seront familier, peut-être même que tu pourras y associer une forme ou une odeur. Nous te ferons visiter ta nouvelle maison, les espaces que nous avons préparé pour toi. Tu devras faire preuve de mondanité avec la famille et les voisins qui sont déjà si impatients de te rencontrer. J'espère qu'il fera bon, que nos peaux seront collées.




18/04/2017


Je le voulais.
– Allo, allo auriez-vous cette référence s'il vous plait ?
Le livre vient d'une librairie de Marseille.
Je voulais ses dessins aux lignes épurées, l'absence de couleur, l'intemporalité.




LA NAISSANCE
AGNÈS ROSENSTIEHL


05/04/2017

Avril






Dans un petit mois je serai en congé de maternité. Ça va passer (très) vite. Tout doucement je vais commencer à emporter mes affaires éparpillées un peu partout depuis 6 ans. Le classeur d'activités-papiers-réunions, le cahier de comptines et chansons, la mallette à matériel, les livres personnels... Je pourrais tout laisser au Jardin d'Enfants mais je pars pour au moins 6 mois voir 1 an, peut-être plus...
Les parents et mes collègues me demandent régulièrement quand est-ce que je pars, les enfants m'offrent des dessins tous les jours, voyant mon ventre grossir de semaine en semaine ils demandent et redemandent : quand est-ce qu'il va sortir ton bébé ? Tout le monde se prépare. Je serai un peu triste quand je les quitterai.