Le 02 janvier.
Il est 4h50, elle a 10 min d'avance. C'est la première tétée de l'année. Elle est debout et elle attend. J'ai seulement quatre petits pas à faire pour l’attraper de son lit. Je la serre contre moi, elle s'agrippe avec ses jambes et me dit : "tétée". Je m'allonge dans le grand lit, ce petit bloc de chair de onze kilos étalé sur mon corps n'est possible que quelques instants. Elle glisse à côté de moi, entre nous. Sa tête restera au creux de mon bras, je la porte même allongée dans notre lit. Je respire et embrasse ses cheveux. Elle téte longuement, fait une pause, se délecte, abandonne le sein puis le reprend quelques secondes après. Je suis prisonnière, il faudrait qu'elle le lâche pour de bon, qu'elle soit à plat dos les bras écartés, poings fermés, repue. Là je pourrais me tourner sur le côté, déplacer mes os, m'étirer. Sinon je peux toujours lui chuchoter au creux de l'oreille : "ma Blanche je vais te remettre dans ton lit". Le petit corps lourd de sommeil est difficile à manipuler. Un baiser sur sa joue pour la rassurer de l’apesanteur soudaine, et surtout parce que c'est plus fort que tout. Malgré toute ma délicatesse pour un atterrissage en douceur, une fois sur deux il se peut que... Je la reserre contre moi, elle s'agrippe avec ses jambes et me redit : "tétée". Je me rallonge dans le grand lit...
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