30/09/2012

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Les moments de Grand Rien comme aujourd'hui sont puissant. Je n'ai envie de rien et je ne sais pas à quoi m'occuper. L'idée de manger pour me remplir me plait mais la faim n'est pas vraiment là et je trouve que les aliments ont perdu de leur goût. Je pourrais alors dormir, m'isoler dans le sommeil comme dans le passé mais je n'y arrive plus. Je veille alors et continue mon errance.
Pourtant aujourd'hui je suis plus entourée qu'hier mais je traverse des "épreuves" dans une certaine solitude.
Un jour je vous raconterai, tout est déjà mis en mots parce qu'écrire me libère mais j'attends que tout ça soit terminé, digéré, d'être prête à exposer, j'ignore quand.

23/09/2012

Baptême IKEA



Le dressing de mes rêves

C'était il y a 3 semaines avec la copine Elody.
- Aller je t'emmène ! qu'elle m'a dit.
La première fois que je mettais les pieds chez IKEA.
"Quoiiiii ?  Tu n'es jamais allée chez IKEA ?! Mais il faut y aller c'est comme Disneyland.
Par contre il faut le dire à personne sinon tout le monde te demande de rapporter un truc."



Le garçon derrière c'est mon frère.
J'aime tellement que c'est ma nouvelle photo de profil Facebook.

15/09/2012


- "Ça fait longtemps que tu m'as vu" m'a dit Clémence (3 ans).
"Tu vas où Justine ?" m'a demandé Kenzo (3 ans).

Ce sont les "grands" qui questionnent ma nouvelle place, on ne fait que se croiser pour l'instant au Jardin d'Enfants. Ils me manquent ces enfants là. D'une façon générale je suis nostalgique de l'année écoulée.
Je pense aux "grands" qui occupent à présent la classe du haut mais aussi à ceux partit dans un autre lieu.
Je repense aussi à notre équipe de la classe des plus jeunes sans Émilie Jolie, l'ambiance de travailler ensemble, mon arrivée pour un CDD de quelques mois et les tâches qui m'étaient attribuées quand ma journée commençait à 11h30. Et puis c'était avant cette histoire avec Amina, je culpabilise, les relations humaines ne sont pas simples mais il faut faire avec.

Aujourd'hui j'accueille les nouveaux enfants, plus petits, plus sensibles à la séparation, sensibles aux pleurs, et ce besoin d'être rassuré en permanence.
Il est 7h45 quand j'installe la classe. Je termine ma nuit sur la ligne 9, je choisi la place près de le fenêtre pour poser ma tête et fermer les yeux. Les gens sont silencieux, il y a une majorité d'hommes on dirait des ouvriers.
Quand je termine ma journée c'est encore l'après-midi. Ça ouvre des perspectives mais pour le moment je suis fatiguée de mon nouveau rythme, j'ai sommeil et je m'autorise une courte sieste d'une demi-heure pour récupérer un peu et m'aider à tenir un peu plus le soir. Et parfois je refuse de seulement m'allonger.




02/09/2012

Non seulement c'est dimanche soir mais pas n'importe lequel, celui de la veille de la rentrée.
J'espère crever de sommeil pour ne pas y penser.
Demain ça sera ma deuxième rentrée, celle avec les enfants et les parents. La première était quelques jours plus tôt avec mes collègues pour ranger, aménager, organiser, préparer la classe des plus jeunes.
Organiser, discuter, négocier, confronter nos idées. Puis... me confronter à la réalité, me dire que je suis trop gentille, trop bête, trop naïve, trop muette. Je lutte pour m'améliorer, pour me rendre la vie plus simple, plus belle mais ça me demande tellement d'efforts, je suis fatiguée de lutter contre ce que je suis, contre les mécanismes qui m'habitent depuis le début de mon existence.

J'aurais aimé trouver une photo de ma première rentrée des classes en 1985, mais elle ne doit pas exister, j'en ai aucun souvenir. Ce qui est sur c'est que ce n'était pas ma maman, ni mon papa qui m'a accompagné ce jour là. J'ai des flashes de cette année d'école où c'était mamie qui m'accompagnait et venait me chercher.
Un long couloir lumineux, des petits bancs, mes chaussons noirs rythmiques étaient rangés dans une pochette accrochée a un porte manteau orné de mon prénom. Pas de souvenir de la classe, ni de la maitresse, ni des autres enfants. Juste un garçon embêtant qui me présente un vers de terre à la hauteur des yeux.
Été 1985 mes grands-parents partent pour toujours dans une maison du Morvan qu'ils ont achetés 4 ans plutôt. Ils m’emmèneront avec eux. J'ai l'image onirique de mes parent restés sur le bord de la route, sans leur fille. Je peux pour la première fois m'imaginer leur tristesse. Cet été là ils se sont tuent, emmurés une fois de plus dans un silence.
Ce silence, maladie de mon père qui lui ronge sa peau. Je lutte pour ne pas subir cette même souffrance. Mon père et moi avons en commun, nos traits, le dos rond, nos épaules tombantes, nos contrariétés intérieures et notre mutisme.
Papa ♥