Je suis un peu jalouse de Juliette. Elle a un don pour
improviser
avec les mots. Mercredi soir Eric et elle nous ont
offert un tableau doux poétique.
Nous étions suspendus à leurs lèvres, à leurs gestes.
On aurait dit qu'ils jouaient quelque chose déjà écrit, écrit pour eux.
C'était joli. Je fus impressionnée. C'est tellement
loin de moi.
Je suis loin.
Je n'ai plus de mots, ils sont en sommeil, sous mon
nombril...
Les sens prennent le dessus. Je navigue dans un
ascenseur émotionnel.
Je fais des allers retours entre les étages.
J'encaisse, je me blinde. Il faut que je me récupère.
Il faut que je me récupère.
Cet état je le connais par cœur, j'ai nagé dedans
toute ma vie.





































