29/11/2014
23/11/2014
J'ai terminé Deux petits pas sur le sable mouillé de Anne Dauphine Julliand. A un moment du livre j'ai mis le visage de Flora (2 ans) du Jardin d'Enfants sur celui de la petite Thaïs malade qui a le même âge.
Je ne sais pas ce qui se passe avec Flora mais cette petite fille me touche. Elle a la particularité de s'énerver trop vite après elle parce qu'elle n'arrive pas à faire quelque chose ou parce qu'elle est frustrée. Elle pleure et se met dans une colère dont elle ne peut pas sortir. Des qu'elle ne parvient pas à accrocher son manteau sur son crochet et que je l'entend se fâcher j'accoure pour l'aider. Quand elle pleure de colère je viens lui tendre mes bras pour un câlin apaisant, je ne peux pas la laisser se fâcher ainsi et pleurer de colère contre elle même ou les autres. Si elle pleure parce que ma collègue lui a dit quelque chose, je lui ré-explique au cas ou elle n'aurait pas bien compris. Même si cette parole vient de moi, je vais lui tendre mes bras. Je sens qu'il y a quelque chose en elle qui a besoin d'être apaisé.
« Ma grande » c'est le seul petit nom affectueux que j’emploie (depuis toujours) avec les enfants
« tu viens ma grande », « ça va mon grand ? ».
Flora répète « ma grrrrande… » avec un sourire. Elle semble être à la fois amusée et intriguée.
« tu viens ma grande », « ça va mon grand ? ».
Flora répète « ma grrrrande… » avec un sourire. Elle semble être à la fois amusée et intriguée.
Flora ma jolie Flora, toute blonde avec des boucles courtes autour de la tête et des yeux noirs.
Arthur (23 mois) m'a giflé. Il n'a pas tapé et sa main est arrivée sur mon visage, non il m'a littéralement giflé. Par réflexe je lui ai pris les mains, avant que je lui dise quoique ce soit j'ai vu à sa petite bouche crispée qu'il allait pleurer « tu ne fais plus jamais ça Arthur ». Il s'est retourné vers le mur pour pleurer. Moi aussi j'avais envie de pleurer. Je l'ai pris dans mes bras, et deux secondes après il s'échappait pour aller jouer de nouveau.
Une semaine plus tard Arthur se jette sur moi en rigolant, il me fait mal. Il est très excité. Je m'assoie par terre et le prend dans mes bras pour le bercer comme un bébé en chantant une musique douce. Il ne se débat pas au contraire il y reste en m'écoutant. Martin (2 ans) à très envie d'être a sa place. Je l'accueille dans mes bras, mais c'est différent il ne s'y abandonne pas comme Arthur et mes bras sont moins contenant, mon intention n'est pas la même. Je répond à la violence d'Arthur par de la douceur, lui aussi à besoin d'aide.
16/11/2014
« Personne n'écrit alors pas grave ! » a écrit Marion.
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Marion est à gauche et moi à droite. Nous avons travaillé ensemble toute l'année dernière au Jardin d'Enfants. Puis elle est partie travailler plus près de chez elle. Nous nous voyons de temps en temps. Un lundi d'automne elle était de retour à Boulogne. Nous nous sommes donc retrouvée à mi-chemin, le temps pressait nous n'en avions pas beaucoup. Même si finalement nous ne sommes restées qu'une vingtaine de minutes sur ce banc, nous étions heureuses. Enfin moi je l'étais.
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« Je vais immortalisé ce moment. »
Au début elle regardait l'objectif « N'ayons l'air de rien… » dis-je.
Elle a l'air de tout avec ses yeux fermés, son pied relevé et la main dans son sac déjeuner.
14/11/2014
Depuis la fin de mon stage j'ai la sensation d'être en convalescence. J'appréhendais mon retour au travail après quinze jours d'absence.
« Si je m'écoutais je n'irais plus au travail et je viendrais vous voir tous les jours... dis-je à Monsieur A.».
Pourtant j'ai le sentiment d'avoir vécu des choses bien plus dures dans ma vie professionnelle. Par exemple ma première année en crèche (toute fraichement diplômée) .
Au premier trimestre j'avais tout donné pour que ça fonctionne, essayer de me trouver une place, faire confiance. Puis terriblement déçue et trop fatiguée pour continuer, j'avais baissé les bras comptant les jours jusqu'à la fin (juillet). Cette année m'avait envahie la tête et le corps (tous les matins dans le bus, mes boyaux se tordaient). Mais j'ai tenu, bien que sur la toute fin j'en devenais folle mais je suis partie le dernier jour comme les autres (enfin je crois).
Là c'est autre chose qui se passe, je ne sais pas quoi, je n'ai pas encore trouvé, nous n'avons pas encore trouvé.
Moi allongée sur le divan : « Je sais que ce que je vis au boulot est lié au « travail » que je fais ici et inversement mais je ne parviens pas à expliquer ce qui se passe, quels mots mettre dessus ?
Ce que je vais raconter là n'a rien d’exceptionnel pour toute personne bienveillante travaillant auprès d'enfants. Cependant j'ai envie de l'écrire pour l'inscrire dans ma mémoire (ce blog me sert de mémoire) au vu de ce que j'étais devenue juste avant de partir en stage. C'est à dire une adulte qui ne comprend plus rien aux très jeunes enfants, sans patience, qui leur crie après trop souvent et qui devient limite. Même en ayant conscience de tout ça je ne pouvais pas faire autrement.
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Pourtant j'ai le sentiment d'avoir vécu des choses bien plus dures dans ma vie professionnelle. Par exemple ma première année en crèche (toute fraichement diplômée) .
Au premier trimestre j'avais tout donné pour que ça fonctionne, essayer de me trouver une place, faire confiance. Puis terriblement déçue et trop fatiguée pour continuer, j'avais baissé les bras comptant les jours jusqu'à la fin (juillet). Cette année m'avait envahie la tête et le corps (tous les matins dans le bus, mes boyaux se tordaient). Mais j'ai tenu, bien que sur la toute fin j'en devenais folle mais je suis partie le dernier jour comme les autres (enfin je crois).
Là c'est autre chose qui se passe, je ne sais pas quoi, je n'ai pas encore trouvé, nous n'avons pas encore trouvé.
Moi allongée sur le divan : « Je sais que ce que je vis au boulot est lié au « travail » que je fais ici et inversement mais je ne parviens pas à expliquer ce qui se passe, quels mots mettre dessus ?
- Écoutez, c'est comme-ci vous commenciez à regarder un film très long et que vous vouliez savoir la fin. »
Ce que je vais raconter là n'a rien d’exceptionnel pour toute personne bienveillante travaillant auprès d'enfants. Cependant j'ai envie de l'écrire pour l'inscrire dans ma mémoire (ce blog me sert de mémoire) au vu de ce que j'étais devenue juste avant de partir en stage. C'est à dire une adulte qui ne comprend plus rien aux très jeunes enfants, sans patience, qui leur crie après trop souvent et qui devient limite. Même en ayant conscience de tout ça je ne pouvais pas faire autrement.
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Sur le chemin ce matin, mon livre commençait à me donner la nausée, je lis toujours Le chagrin et forcément ce n'est pas très gai. Quand j'arrive dans la salle la majorité des enfants est là. Comme d'habitude je dis bonjour à chacun. Armant (2 ans) est assis à table il fait un puzzle, sa mère à ses côtés. Il me voit, sourit et se lève de sa chaise pour m'accueillir comme à son habitude, Flora (2 ans) lui grille un peu la place en se lançant dans mes bras pour me dire bonjour (comme à son habitude). Nous échangeons quelques petits mots (en vérité Armant me montre du doigt ses chaussons qui n'ont rien de nouveau, et je lui répond que moi aussi je met des chaussons pour l'intérieur en les lui montrant, ils n'ont rien de nouveau non plus). Tout ce temps je suis accroupie, Armant fini par s'assoir par terre à côté de moi et je dis à haute voix : « Je vais m'installer aussi alors.» et je m'assoie. Plusieurs enfants viennent s'assoir également. D'autres arrivent et ils ont tous ce petit sourire à la fois timide et joyeux en me voyant. Mael (22 mois) m'apporte un livre, puis deux, puis trois il fait des aller-retour et des livres ou albums photos s'empilent sur mes genoux. Avant je lui aurais dit au bout du premier retour : « tu ne prends qu'un seul livre ! »
Ce que ne tardera pas de lui dire ma collègue... Mais trop tard la pile est sur mes genoux et en me retournant vers elle je dis : « J'irais les ranger.»
Ce que ne tardera pas de lui dire ma collègue... Mais trop tard la pile est sur mes genoux et en me retournant vers elle je dis : « J'irais les ranger.»
Nous formons un petit groupe au milieu de nulle part entre deux tables. Je propose aux enfants de choisir le livre ou l'album qu'ils veulent regarder. Je n'ai pas spécialement prévu de faire quoi que se soit, juste de faire (ou ne rien faire justement) avec ce qu'ils m'apportent, me montrent, me disent. Prendre le temps. Avant mon stage tout me semblait n'être que contraintes et interdits avec le « non » par-ci, par-là toutes les minutes quasiment. Il faut se fixer ses propres limites : bon si il fait ça est-ce que c'est gênant ? Moi ça me gêne d'accord mais est ce qu'il se met en danger ? Est-ce qu'il met en danger les autres ? Est ce qu'il abime le matériel ? Si à ces questions j'ai répondu « non » alors je n'ai pas à intervenir dans ses expériences. En espérant garder ce cap car ce n'est pas toujours évident, surtout quand par conséquence un décalage avec sa collègue se créer. Elle qui n'a pas eu le temps de souffler, n'a pas eu la chance d'écouter une psychomotricienne lui rappeler les étapes du développement psychomoteur de l'enfant et qui est fatiguée de crier.
Je crois que ma mémoire s'arrête ici, même-ci ce n'était que les trente premières minutes de ma journée. Mais elles étaient belles. Ça faisait trop longtemps que je n'avais pas eu ce plaisir et la satisfaction d'être au milieu des enfants, attentive et à l'écoute. Bien sur j'ai continué à avoir ce comportement tranquille et bienveillant tout au long de la journée sans faire d'effort, ça embellit la vie. Pour ma défense, ce n'est pas quelque chose de nouveau car je travaillais comme ça avant.
J'ai chuchoté pour reprendre un enfant, j'ai consolé l'inconsolable Martin (2 ans), ce que je ne tentais plus ne sachant plus quoi faire de ses pleurs, qui finissaient par m'agacer. Je pense que nous les professionnelles qui « accueillons » avons raté quelque chose avec cet enfant et je dirais même avec cette famille. Nous n'avons plus jamais revue la mère déchirée par la séparation, depuis c'est le père... Superhéros malgré lui, qui tente de ne pas s'effondrer à la minute où il entre dans la salle avec son fils et de tenir ainsi jusqu'à la grille du jardin.
Je crois que ma mémoire s'arrête ici, même-ci ce n'était que les trente premières minutes de ma journée. Mais elles étaient belles. Ça faisait trop longtemps que je n'avais pas eu ce plaisir et la satisfaction d'être au milieu des enfants, attentive et à l'écoute. Bien sur j'ai continué à avoir ce comportement tranquille et bienveillant tout au long de la journée sans faire d'effort, ça embellit la vie. Pour ma défense, ce n'est pas quelque chose de nouveau car je travaillais comme ça avant.
J'ai chuchoté pour reprendre un enfant, j'ai consolé l'inconsolable Martin (2 ans), ce que je ne tentais plus ne sachant plus quoi faire de ses pleurs, qui finissaient par m'agacer. Je pense que nous les professionnelles qui « accueillons » avons raté quelque chose avec cet enfant et je dirais même avec cette famille. Nous n'avons plus jamais revue la mère déchirée par la séparation, depuis c'est le père... Superhéros malgré lui, qui tente de ne pas s'effondrer à la minute où il entre dans la salle avec son fils et de tenir ainsi jusqu'à la grille du jardin.
10/11/2014
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| 14 rue Henri-Martin |
« Nous avons autant besoin de rire que de pleurer » nous a confié Marie-Christine l'une de nos deux formatrices. C'est plein d'émotions que chacune a dit son bilan de cette semaine. Ce stage était une petite merveille, pas seulement pour son contenu (relaxation, exploration diverses et variés, instruments, danse, chants, mouvements, …) mais aussi et surtout par l'écoute de soi et l'écoute des autres qui amène la chaleur humaine.
Le soir je me suis rendue au Yoga comme tous les vendredis. Pour la première fois mon corps ne suivait pas. J'avais envie de pleurer et c'est ce qui a fini par arriver. Tout en continuant les postures j'essuyais mes joues toutes les minutes en espérant que personne ne le remarqua, en particulier Yoko notre professeur. J'avais l'impression de violenter mon corps. Pourtant le Yoga est connu pour faire travailler son corps en douceur.
Les mots de Yoko à la fin du cours m'ont réconfortés. J'aurais moins de gêne à pleurer une prochaine fois, l'écoute de son corps peut libérer des émotions.
J'explique mon état à l'amoureux par téléphone sur le chemin du retour... il parait perplexe.
Il ne connait pas tous ces mouvements intérieurs.
Il ne connait pas tous ces mouvements intérieurs.
04/11/2014
Je lis Le chagrin de Lionel Duroy. Un pavé de 735 pages (version poche).
« Tu l'as acheté pour qu'il dure plus longtemps ? me dit l'amoureux, sans doute impressionné par mon engouement soudain pour la lecture.
- Non, parce que c'est celui-ci qui m'a plu sur l'étalage » (sinon ça pourra toujours servir pour caler un meuble).
D'abord la couverture et le titre, la 4eme de couverture, puis la première page voir si ça accroche... OK, je prends !
C'était un mardi à ma (petite) pause. Plus de livre. J'avais terminé Sagan la veille (Bonjour tristesse, un vrai petit bijou !). De toute façon il faisait froid, pas question de m'assoir sur mon banc du parc.
Je vais marcher... mais où ? Jusqu'à la Fnac, j'ai plus de livre.
Je n'ai pas ouvert mon livre du week-end, j'ai une passion pour la lecture dans le métro. Je ne sais plus où j'ai arrêté l'histoire. Je relis quelques lignes au-dessus et ça y est j'y suis de nouveau dans cet univers ! Les images se (re)dessinent au fur et à mesure des mots. Pourtant ce n'est que du papier blanc sale avec des symboles, il n'y a pas d'images, nulle part. Et quand je repense à chacun des romans que j'ai lu récemment des paysages me reviennent. C'est formidable.
Ça m'amuse de penser que ce doit être pareil pour Monsieur A. mon analyste, il se replonge dans l'univers tourbillonnant de celui allongé sur le divan. Après avoir raccompagné le précédent à la porte.
03/11/2014
Avant hier j'avais publié l'article précédent en utilisant l'intitulé exacte de mon stage de cette semaine. La ligne d'après j'utilisais des mots dégueulasses pour exprimer mon ras le bol des enfants. J'ai alors pensé que c'était dangereux. En effet lorsque j'ai tapé l'intitulé du stage dans Google, ne-paniquez-pas est sortit dans les premières positions. Hier j'ai effacé l'article, réécrit, changer les mots mais ça ne changea rien. L'article effacé est bel et bien présent dans les méandres de Google. Et si quelqu'un, un parent du boulot, une collègue lisait tout ceci ? J'ai enlevé les liens de mon blog là où ils existaient, c'est à dire à peu d'endroit car je n'en ai jamais fait de pub. Je me suis enlevée des référencements de Google, pas vraiment convaincu que ça change quelque chose. Je me cache. Parce que ces derniers temps les choses violentes que je traverse sont transcrites ici. Violent est le seul mot qui me vient.
Ce stage est une bouffée d'air, il tombe à pic.
02/11/2014
« Demain sera la plus belle journée de ma vie »
Cela
me semble démesuré. Demain est à la fois un jour tout à fait banal mais
aussi particulier parce que je ne travaillerai pas. Comme parfois le
mercredi mais vendredi n'est pas mercredi. Demain c'est vendredi donc.
Il me donne un avant goût de week-end et surtout lundi je n'irai pas au
Jardin d'Enfants, je commencerai une semaine de stage autour de la voix
et de la musique, s'ajuster aux rythmes des enfants. Comment
s'ajuster à eux ? Eux qui me sortent par tous les orifices, eux après
lesquels je crie en sachant immédiatement et pertinemment que ce n'est
pas comme ça que l'on travaille auprès de Jeunes Enfants. Je travaille
mal. Mais en ce moment je n'arrive pas à faire autrement... Alors cela
me réjouie de ne pas les voir durant deux semaines (oui parce qu'il y
aura aussi le pont du 11 novembre...). un bol d'air qui me fera oublier
la routine écrasante du matin qui ne changera hélas pas de toute
l'année.
Demain
je me réveillerai naturellement, m'étirant dans mon lit comme une
nymphe sortie des eaux. Je prendrai mon petit déjeuner dans la lumière
filtrée de notre cuisine/salle à manger. Puis je m'occuperai de moi,
j'irai au cinéma, j'irai sur internet chercher des infos sur les cafés
poussette pour Charlotte, je ferai des tartelettes aux pommes… et j'irai au Yoga.
26/10/2014
23/10/2014
parler
Chez nous il n'y a pas de cloisons. Je suis assise à mon bureau devant la fenêtre avec une tasse de café au lait déjà tiède dans mes mains. Je parle en regardant le vent fou courber les branches. L'amoureux m'écoute, il est derrière sur l'autre mezzanine - notre chambre - devant son ordi.
« Je ne voudrais pas de cette vie là quand nous aurons un enfant... »
Une vie citadine, comme nos amis qui auront bientôt des bébés. Je n'ai pas envie d'avoir des contraintes, des horaires, de faire des aller-retours à la crèche - je n'ai pas envie que mon bébé aille à la crèche - aller au parc pour prendre l'air, le voir se vider à 18h le dimanche soir parce que c'est l'heure du bain...
22/10/2014
Mercredi 15 octobre.
J'ai terminé mon livre. Je l'avais commencé jeudi dernier. Nous étions aller voir le film deux semaines auparavant. J'avais aimé. Et puis par hasard un jour dans le métro j'ai vue une femme lire le roman.
« ah c'est vrai, me suis-je dis, c'est d'après un roman »
Avant d'aller dormir
Christine se réveille tous les jours sans savoir qui elle est et où elle est, elle croit avoir 20 ans alors que son corps en a 47. Elle a perdu la mémoire et redécouvre chaque jour sa maison et son mari... Elle parvient à replonger par moment dans ses souvenirs.
Christine se réveille tous les jours sans savoir qui elle est et où elle est, elle croit avoir 20 ans alors que son corps en a 47. Elle a perdu la mémoire et redécouvre chaque jour sa maison et son mari... Elle parvient à replonger par moment dans ses souvenirs.
Tous les midis lors de ma pause je suis allée au parc d'à côté continuer l'histoire. Toujours sur le même banc au soleil quand il y en a. J'ai lu pendant tous mes trajets, matin et soir. Un peu à la maison. C'est ce que je cherchais : me désintoxiquer d'internet et des petits jeux, arrêter de remplir des paniers virtuels de fringues.
A l'occasion j'ai pu moi aussi retrouver des souvenirs.
Celui des feuilles de calque me revenait souvent ces derniers temps , je sais pourquoi.
Peut-être qu'un jour je l'écrirais.
Celui des feuilles de calque me revenait souvent ces derniers temps , je sais pourquoi.
Peut-être qu'un jour je l'écrirais.
En tout cas ce jour là d'autres souvenirs son arrivé en cascade. Ce sont des souvenirs que je connaissais déjà mais je n'y avais plus accès. J'étais contente de remplir mon enfance de quelques images. La dispositions des pièces de la maison notamment. Ma chambre quand j'avais 4 ans, petite avec ses gros meubles. Rien n'était à ma taille, j'avais un lit d'adulte qui prenait toute la place au milieu de la pièce. Un lit en chêne, ancien avec des montants en bois à la tête et aux pieds. La table de nuit était plus haute que le lit, elle aussi était ancienne, il y avait la petite porte pour y ranger le pot de chambre. Bien sûr en 1986 il n'y en avait pas, ça devait être rempli de mon petit bordel. La pièce bureau de papa avait changé plusieurs fois de place. Je m'asseyais à son bureau, prenais une petite feuille de bloc note et découpais tout le tour pour faire des petites franges, ça ressemblait à un petit tapis. Je me suis souvenu des fois où j'ai dis ou fais des choses qu'il ne fallait pas. J'étais culpabilisés par mon père et j'avais peur.
21/10/2014
Jeudi 16 octobre.
J'aime bien l'étage librairie de la Fnac Montparnasse. C'est calme, il y a peu de monde. J'aime surtout le grand rayonnage des romans. Je suis venue acheter Bonjour Tristesse de Sagan. Et il m'en fallait d'autres... Le livre de Sylvie Testud n'est pas encore en version poche, je vais attendre. Pas question d'acheter un livre qui prend de la place et qui coute beaucoup plus cher. Je me ballade. Je regarde les étalages. J'arrive à celui des Meilleures Ventes. Un titre accroche mon regard, la photo aussi est jolie : Les gens heureux lisent et boivent du café. Je lis la quatrième de couv. Ça parle de perte, de souvenirs... Je prend ! Un autre Chambre 2, le titre m'intrigue. Auxiliaire de puer en maternité, naissance, accouchement, des âmes et des corps... OK je prend !
La veille au cours de théâtre Élise notre prof, nous a parlé de la pièce Pour un oui ou pour un non suite à l'improvisation que nous avons faites, Julie et moi.
« Vous avez fait un début de pièce de théâtre… »
Le rayonnage Théâtre est tout petit mais youpi je trouve le livre de cette pièce.
J'ai quatre livres dans les mains, je me sens être une autre, je me sens grande.
Dans le métro plein, je commence Les Gens... Au bout d'une page et demi je pleure. Ça commence bien. Je suis debout un peu serrée et je cache désespérément mon visage derrière mon livre, presque collé à mon nez. Mes yeux mouillés n'osent pas sortir des lignes de mots de peur de croiser un regard inquisiteur.
Dans le métro plein, je commence Les Gens... Au bout d'une page et demi je pleure. Ça commence bien. Je suis debout un peu serrée et je cache désespérément mon visage derrière mon livre, presque collé à mon nez. Mes yeux mouillés n'osent pas sortir des lignes de mots de peur de croiser un regard inquisiteur.
20/10/2014
Samedi 18 octobre.
J'aurais préféré qu'il pleuve. Des trombes d'eau devant moi. J'adore ce spectacle, ce bruit. Encore plus quand on dirait une douche. J'aurais préféré. Comme ça j'aurais pu rester à la maison à écrire. Avec une tasse de café au lait à porter de main. Mais ce week-end est exceptionnel il fait 25°c et ça sera la dernière fois de l'année. Alors il FAUT sortir. Je me dis que c'est bien une pensée de Parisienne ça.
Si nous habitions dans le Sud je n'aurais pas ce genre de pensé et pas besoin de me forcer.
Personne ne me force à sortir mais rester enfermé alors que c'est l'Eté Indien ! Sale Parisienne !
Personne ne me force à sortir mais rester enfermé alors que c'est l'Eté Indien ! Sale Parisienne !
19/10/2014
Dimanche 19 octobre.
Comme hier il fait 25°c. Après la douche j'enfile la robe d'été, la dernière qui n'a pas encore pris place dans la valise des affaires d'été que je n'ouvrirais que dans six mois, voir plus. A la maison il fait plus frais. Je sors pour faire sécher une dernière fois mes cheveux au soleil. J'emporte mon livre. Je l'ai commencé hier, le 3ème en dix jours.
Oui je lis.
C'est assez exceptionnel pour que je le mentionne ici. Il y a longtemps j'avais écrit que pour lire il fallait être « psychiquement libre ». Impossible de lire dans le métro, à la maison, dans un parc... Le seul endroit pour ça était en vacances sur une plage...
Je dois être plus libre maintenant.
Je vais jusqu'au Jardin de l'Observatoire à 5 min de la maison. Je cherche un banc en plein soleil, il y en a qui surplombe le Jardin. Je m'y installe et commence ma lecture. Quelques instants après un homme me dit : « Vous permettez...? - Bien sur… » Je me dis qu'il est bien poli et qu'à une époque que je n'ai pas connu les gens étaient comme ça, ils demandaient la permission pour s'assoir à côté de quelqu'un même si je trouve ça un peu curieux, le banc est à tout le monde...
« C'est le meilleur endroit, se justifie t-il.
- Moi aussi je cherchais le soleil, lui répondis-je. »
Depuis qu'il est là j'ai du mal à me concentrer, j’entends sa respiration. Je continue à lire. J'ai moins de facilité à accrocher l'histoire contrairement aux romans précédents. Monsieur A m'a dit qu'il avait beaucoup aimé ce livre et qu'il tombait pile là où j'en étais aujourd'hui. Des histoires de corps et d'âmes.
Je ne décroche pas mon regard des lignes jusqu'au moment où je vois l'homme se tourner légèrement vers l'autre côté du banc. J'en profite pour le regarder rapidement, il regarde ailleurs un livre ou un journal à la main, je ne sais pas. Ça me soulage quelque part, je ne me sens pas l'objet de son intention. Je peux continuer ma lecture plus sereinement.
Au bout d'une demi heure je commence à avoir chaud et mes cheveux sont secs. Depuis que j'avale des romans j'ai envie d'écrire. Je décide de rentrer. Je range mon livre dans mon sac, me lève et dit poliment au revoir au monsieur du banc.
Au début je marche vite puis je ralentis pour profiter encore des rayons du soleil. Dans la rue j'entend quelqu'un courir et un souffle derrière moi : « Excusez moi… »
Je me retourne c'était le monsieur du banc un peu transpirant du front.
« Je me suis permis de vous suivre…», je me doute de ce qu'il va me dire.
« Voilà je suis un cœur à prendre, je vous trouve délicieuse et je voudrais tenter ma chance... »
Ah voilà c'est ça de mettre une robe d'été en plein mois d'octobre ! Il avait au moins 45 ans.
Je lui dit gentiment que je suis « prise »
« Ah très bien tant mieux pour vous, je ne vous dérange pas plus longtemps au revoir.
- Au revoir. »
« Cœur à prendre », « Délicieuse…» ses mots venaient d'une autre époque.
Et moi j'ai dis que j'étais « prise », prise de quoi ?
06/10/2014
raconter
Toutes les semaines nous faisons le même exercice au cours de théâtre. Ce sont nos devoirs. Un de nous doit « choper » une personne, une
attitude de quelqu'un pour la reproduire et être un autre, quelqu'un de
la rue, du métro, peu importe. Après sa performance, dans un premier temps nous autres observateurs lui décrivons ce que nous avons vu. Juste de la simple description. Puis dans un deuxième temps nous pouvons entrer dans l'imaginaire, faire des suppositions pour savoir si nous avons vu juste. Si la personne qui a mimé a réussie à nous faire comprendre la scène.
J'ai envie de proposer la même chose avec cette photo. J'ai envie de la proposer aux personnes qui lisent ce blog, à celles de passage, mes amies, peu importe.
Décrivez cette scène, ça peut commencer par : « je vois deux femmes assises sur un banc... »
Puis entrez dans l'imaginaire et devinez... qui sont t-elles ? que vous inspirent-elles ?
Bref, tout ce que vous voudrez.
Par commentaire ou par e-mail : atinepop@hotmail.com
J'ai hâte de vous lire.
J'ai hâte de vous lire.
04/10/2014
se réparer
Un jour une éducatrice de jeunes enfants m'a dit :
« Si nous faisons ce métier c'est qu'on a quelque chose à réparer. »
Elle était ma tutrice de mon tout premier stage Montessori au tout début de ma formation.
Cette phrase je l'ai toujours gardé quelque part. C'était à l'automne 2007, il y a 7 ans.
Je me répare.
Avec la psychanalyse.
Peut-être avec mon métier que j'ai choisis sur le tard à 25 ans. C'est tard par rapport à certaines de mes amies EJE qui ont toujours voulu faire ce métier, une sorte de vocation. Moi avant ça je n'avais jamais travaillé auprès d'enfants, ni baby-sitting, ni animation... j'ignorais tout de cet univers.
Depuis que je suis éducatrice plus d'une fois il m'est arrivé une sorte de moment magique, singulier. Un arrêt sur image, un recul éclair sur mon métier [ma vie] auprès des enfants.
A table parmi eux, je pensais : « Et dire que je fais ce métier, tout le chemin parcouru pour en arriver là et j'y suis arrivée ! »
Je réalise aujourd'hui que c'était peut-être une étape pour me réparer.De même le théâtre d'une autre façon.
Et le yoga également depuis un mois. Réparer mon corps aussi.
01/10/2014
28/09/2014
Y.O.U.N.E.S
Vendredi c'était la première sieste de Younes (19 mois). Il hurlait et se débattait quand je suis arrivée. Je l'ai prit sur moi, envelopper dans mes bras sans rien dire, là les mots ne servaient plus. Juste le contenir de tout mon être et être sincèrement là, présente à lui, le soutenant dans mes bras et dans mon souffle. Il s'est calmé, j'ai chantonné une mélodie, il s'est endormi.
Au bout d'une heure j'ai tenté une glissade pour m'allonger en prenant garde de ne pas le réveiller.
Je pouvais moi aussi fermer les yeux.
J'avais l'agréable sensation d'avoir mon tout petit sur moi, faire la sieste ensemble l'un contre l'autre que ça doit être bon.
Au bout d'un moment il s'est tourné et je l'ai laissé glisser sur son petit matelas, il a poursuivit sa sieste paisiblement.
Au bout d'une heure j'ai tenté une glissade pour m'allonger en prenant garde de ne pas le réveiller.
Je pouvais moi aussi fermer les yeux.
J'avais l'agréable sensation d'avoir mon tout petit sur moi, faire la sieste ensemble l'un contre l'autre que ça doit être bon.
Au bout d'un moment il s'est tourné et je l'ai laissé glisser sur son petit matelas, il a poursuivit sa sieste paisiblement.
C'était un beau et bon moment qui m'a touché.
Par ailleurs je peux être d'une irritabilité irréversible.
J'essaie de me préserver pour ne pas en arriver là.
Je peux passer un moment très agréable en individuel avec un enfant et être tellement agacée par le groupe. J'en suis à me demander ce que je fous là au milieu de tous ceux-là. Ceux qui pleurent, qui couinent, qui crient, qui appellent « maman »
« Maman viendra plus tard, elle viendra te chercher ce soir… »
J'essaie de me préserver pour ne pas en arriver là.
Je peux passer un moment très agréable en individuel avec un enfant et être tellement agacée par le groupe. J'en suis à me demander ce que je fous là au milieu de tous ceux-là. Ceux qui pleurent, qui couinent, qui crient, qui appellent « maman »
« Maman viendra plus tard, elle viendra te chercher ce soir… »
15/09/2014
Le ciel coule
Je passe d'un état à un autre depuis une semaine. Au boulot nous étions d'accord mes collègues et moi pour vanter la nouvelle recrue d'enfants "impressionnante". Aujourd'hui nous sommes d'accord pour dire que c'est difficile. La situation a changée, la fatigue de la rentrée et des adaptations se font sentir aussi bien pour les enfants que pour nous. Maintenant ils pleurent a l'unisson. Moi aussi j'ai eu des journées où j'avais envie de pleurer, pour si peu, je me sentais mal, vulnérable, je n'y arrivais pas. Il y a quelques temps je me sentais de plus en plus passionnée par mon métier, aujourd'hui j'oscille entre l'envie de faire une pause... puis je rebondis (toujours) et j'ai envie de trouver des solutions pour aider cette petite fille qui pleure toute la journée. Je danse sur un pied puis l'autre, je cherche mes appuis.
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